Le prix des carburants en Algérie suscite de nombreuses interrogations depuis la présentation du projet de loi de finances pour 2027. Ce texte intègre une disposition autorisant les autorités à ajuster les tarifs de l’essence et du gasoil si la situation l’exige. Face aux inquiétudes, le ministre de l’Énergie et des Mines, Mohamed Arkab, s’est voulu rassurant.
Prix des carburants : ce que dit l’article 218 du PLF 2027
Lors d’une intervention tenue le samedi 17 octobre devant la commission des finances et du budget de l’Assemblée populaire nationale (APN), le ministre a été interrogé sur une mesure sensible du texte budgétaire. Il s’agit de l’article 218, qui prévoit la possibilité de revoir les tarifs des carburants en cas de nécessité, sur décision des parties concernées.
Mohamed Arkab a tenu à clarifier la portée de cette disposition. Selon lui, inscrire cette faculté dans la loi ne débouche pas automatiquement sur une hausse des prix à la pompe. Le gouvernement n’étudie aujourd’hui aucun projet de relèvement des tarifs de l’essence ou du diesel, a-t-il affirmé devant les parlementaires.
Des tarifs parmi les plus bas au monde
Le responsable du secteur a néanmoins rappelé que les carburants vendus en Algérie figurent parmi les moins chers à l’échelle internationale. Un écart considérable sépare les prix nationaux de ceux pratiqués sur les marchés mondiaux, ce qui pèse directement sur les finances de l’État.
Concrètement, le litre d’essence sans plomb est vendu 47 dinars, soit environ 0,35 dollar. Le gasoil, quant à lui, s’affiche à 31 dinars le litre, tandis que le GPL-c revient à seulement 12 dinars. La dernière révision de ces tarifs remonte au 1er janvier dernier.
Le ministre a enfin précisé que l’adoption ou le rejet de cette proposition ne relève pas du seul gouvernement. Ce sont les deux chambres du Parlement qui trancheront en dernier ressort sur le maintien ou non de cet article dans le texte final.
La consommation énergétique nationale grimpe à 59 millions de TEP
À cette occasion, Mohamed Arkab a également communiqué des chiffres sur la demande intérieure en énergie. Celle-ci avoisine désormais 59 millions de tonnes équivalent pétrole, un niveau tiré avant tout par l’appétit grandissant pour le gaz naturel.
La consommation de produits pétroliers contribue elle aussi à cette progression, mais dans une proportion moindre. Cette dynamique illustre la pression croissante exercée sur le modèle énergétique du pays, alors que les besoins domestiques ne cessent de s’étendre.
Pourquoi l’État envisage une marge de manœuvre sur les prix
Dans l’exposé des motifs accompagnant l’article 218, le gouvernement défend sa stratégie tarifaire. Il la qualifie comme l’une des plus stables et des plus favorables au monde, conçue pour soutenir durablement la politique énergétique nationale et préserver les équilibres sociaux.
Cette générosité a toutefois un coût. C’est le Trésor public qui supporte une part importante des dépenses réelles, afin de combler l’écart entre le prix de revient des carburants et leur tarif affiché à la pompe. L’objectif est clair : protéger le pouvoir d’achat des ménages et maintenir la compétitivité des entreprises.
Un ajustement présenté comme un impératif technique
Les autorités reconnaissent toutefois que la flambée continue des coûts de production pourrait rendre une révision des tarifs inévitable à terme. Un tel réajustement deviendrait, selon elles, une nécessité à la fois technique et économique pour assurer la viabilité du système.
Le gouvernement explique qu’une telle mesure serait indispensable pour garantir l’équilibre financier des activités de raffinage et de distribution. Elle permettrait aussi de prévenir toute pénurie et de sécuriser l’approvisionnement en produits pétroliers sur l’ensemble du territoire, sans pour autant supprimer le soutien de l’État.
En l’état actuel, aucune augmentation des prix des carburants n’est donc programmée en Algérie. L’article 218 ouvre simplement une possibilité juridique que le Parlement devra valider, laissant planer une incertitude sur l’évolution future des tarifs à la pompe.


