À l’ONU, un hommage appuyé du Niger à l’Algérie
Prenant la parole à la tribune de l’ONU, le chef du gouvernement nigérien a dressé un bilan optimiste de la situation de son pays. Il a rappelé que certains observateurs annonçaient, il y a trois ans, l’effondrement du Niger sous le poids des sanctions et de l’isolement international.
« Aujourd’hui, le Niger est debout », a-t-il lancé devant les délégations réunies. Selon lui, cette résistance s’explique d’abord par la détermination du peuple nigérien, qui a « refusé de courber l’échine » face aux pressions extérieures.
Le responsable a également insisté sur la place de son pays au sein de la Confédération des États du Sahel. Il y a trouvé, selon ses mots, « une famille, une solidarité » dans toute la dimension africaine de ce terme.
Une reconnaissance envers un « pays frère et voisin »
Ali Lamine Zeine a réservé une part importante de son intervention à l’Algérie, qualifiée de « pays frère et voisin ». Il a estimé que Niamey était resté debout parce qu’Alger avait choisi de l’accompagner dans une période particulièrement difficile.
Le Premier ministre a évoqué un « investissement substantiel » algérien dans l’exploitation des ressources naturelles nigériennes. Il a aussi salué un « soutien constant » apporté au système de défense de son pays par le partenaire algérien.
Une coopération multisectorielle entre Alger et Niamey
Le chef du gouvernement nigérien a détaillé l’ampleur des liens tissés avec l’Algérie ces derniers mois. Il a fait état d’une « coopération dynamique » couvrant plusieurs secteurs stratégiques pour l’avenir du Niger.
Parmi les domaines cités figurent la santé, l’éducation, l’énergie, l’hydraulique et l’agriculture. Ces axes traduisent une volonté commune d’ancrer la relation bilatérale dans le développement à long terme.
Le responsable a par ailleurs mis en avant plusieurs grands projets structurants portés conjointement par les deux nations. Il a notamment mentionné le gazoduc transsaharien (TSGP) et la route transsaharienne, deux chantiers d’envergure régionale.
Le Niger revendique sa souveraineté
Au-delà des partenariats économiques, Ali Lamine Zeine a présenté cette période comme une reconquête de la souveraineté nationale. Le Niger tient debout, a-t-il affirmé, parce qu’il a « repris possession de son sous-sol et de sa parole ».
Cette formule illustre le discours souverainiste porté par les autorités nigériennes depuis le changement de pouvoir survenu en 2023. Elle place la maîtrise des ressources naturelles au cœur du projet politique du pays.
Un axe Alger-Niamey renforcé depuis 2025
Les relations entre l’Algérie et le Niger ont connu plusieurs mois de tensions avant un net réchauffement. Les deux pays ont rétabli leurs liens diplomatiques en février dernier, après une période d’interruption.
Depuis cette normalisation, Alger et Niamey ont accéléré leurs échanges dans de nombreux secteurs. L’énergie et la défense figurent parmi les domaines où la collaboration s’est le plus intensifiée.
Ce rapprochement s’inscrit dans un contexte régional marqué par de fortes recompositions au Sahel. L’Algérie apparaît comme un acteur central du soutien apporté à ses voisins du Sud.
Le geste militaire de fin août
Un épisode récent illustre concrètement l’appui algérien évoqué par le Premier ministre nigérien. Fin août, Alger est intervenue après une tentative avortée de coup d’État visant les autorités de Niamey.
L’Algérie a alors dépêché sur place quatre chasseurs Sukhoï SU-30 accompagnés d’un avion ravitailleur. Ce déploiement rapide a été interprété comme un signal fort de solidarité militaire entre les deux pays.
La déclaration d’Ali Lamine Zeine à l’ONU confirme la solidité de l’axe reliant désormais Alger à Niamey. Portée par des projets énergétiques majeurs et une coopération sécuritaire assumée, cette relation pourrait devenir un pilier des équilibres au Sahel dans les années à venir.




