Les envois de fonds de la diaspora algérienne constituent une ressource clé en devises pour l’économie nationale, mais les données officielles de 2025 révèlent un net décalage avec le Maroc et la Tunisie. Ces chiffres ne traduisent toutefois qu’une partie de la réalité, car de nombreux flux financiers échappent aux statistiques formelles.
Dans une publication diffusée le mercredi 23 septembre 2026 sur son compte Facebook, l’économiste Zoheir Rouis se penche sur les transferts d’argent des Algériens de l’étranger. Il s’appuie sur des données attribuées au Fonds international de développement agricole (FIDA) et met en lumière l’écart entre les montants recensés par les canaux officiels et ceux qui restent invisibles aux radars statistiques.
Des transferts de la diaspora algérienne évalués à 1,799 milliard de dollars en 2025
D’après les données relayées par Zoheir Rouis, les sommes officiellement transférées par les Algériens installés à l’étranger se sont élevées à 1,799 milliard de dollars en 2025. Sur la même année, le Maroc aurait perçu 13,65 milliards de dollars et la Tunisie 3,26 milliards de dollars.
Ces montants situeraient l’Algérie au onzième rang du continent africain pour les transferts formels de sa diaspora. Un net recul, sachant que le pays figurait encore parmi les cinq premières nations africaines dans ce classement en 2016, selon l’analyse de l’économiste.
Sur une décennie, les envois officiels vers l’Algérie auraient chuté d’environ 10 %. À l’opposé, les flux destinés au Maroc auraient bondi de 114 %, alors que ceux orientés vers la Tunisie progressaient de 79 % durant la même période.
Il convient de rappeler que ces statistiques englobent uniquement les fonds transitant par les réseaux bancaires officiels. Elles ne suffisent donc pas à quantifier l’intégralité de l’argent envoyé par les ressortissants algériens vivant hors du pays.
Pourquoi les statistiques officielles masquent une partie des flux
Dans son analyse, Zoheir Rouis explique que ce fossé entre montants enregistrés et flux réels s’explique par plusieurs paramètres. Pour lui, ce phénomène ne traduit nullement un désintérêt de la diaspora, mais découle plutôt du fonctionnement même du système financier.
L’économiste insiste notamment sur l’écart entre le taux de change officiel et celui du marché parallèle, qui pousse une part des transactions hors des circuits bancaires. Selon lui, cette différence oscille entre 53 % et 80 %, un facteur déterminant dans le choix des moyens utilisés pour rapatrier les devises.
Une portion des sommes entre ainsi en Algérie en dehors des canaux officiellement recensés, notamment lors des voyages effectués par les membres de la communauté expatriée. Ces montants échappent alors totalement aux relevés statistiques.
La comparaison avec les voisins maghrébins ne porte donc que sur les fonds captés par les systèmes financiers formels. Elle ne permet pas, à elle seule, d’apprécier l’ensemble des apports financiers des différentes diasporas.
La diaspora algérienne, un levier économique encore sous-exploité
Au-delà de l’aide aux familles, Zoheir Rouis souligne le poids économique que pourrait représenter la diaspora algérienne. Il évoque la présence à l’étranger de nombreux cadres, entrepreneurs, chercheurs et investisseurs susceptibles de contribuer au développement national.
Selon lui, le lien avec les Algériens expatriés devrait dépasser le simple cadre des transferts d’argent pour englober l’investissement, le partage de savoir-faire et le tissage de partenariats économiques avec les entreprises locales.
Des pistes pour capter davantage les fonds de la diaspora
L’économiste propose plusieurs leviers afin de consolider cette relation. Il cite la modernisation des réseaux bancaires, l’allègement des procédures administratives et la mise en place de dispositifs facilitant l’investissement des expatriés en Algérie.
Ces mesures viseraient à rendre les circuits officiels plus attractifs et compétitifs face aux réseaux informels. L’objectif serait de rediriger vers l’économie formelle une part croissante des ressources générées par la communauté algérienne à l’étranger.
Les données sur les transferts recensés mettent en évidence un écart persistant entre l’Algérie et ses voisins du Maghreb. Pour Zoheir Rouis, le véritable défi réside dans la capacité à intégrer les apports économiques de la diaspora dans les circuits officiels et à renforcer sa participation à la croissance du pays.
https://web.facebook.com/zoheir.rouis/posts/pfbid0yRSzqJQ2NbBp48FMWJtBVtW9Ydk1GFbRyKbKr3NwShgyfWEEP4z1SonDjPoiX3xcl




