Le prix de l’essence au Maroc suscite l’incompréhension, y compris chez les visiteurs venus d’Europe. Habitués à des tarifs élevés à la pompe, certains Marocains résidant à l’étranger restent malgré tout surpris par le coût d’un simple plein. Le sujet a récemment refait surface à travers un témoignage devenu viral sur les réseaux sociaux.
Le prix du carburant au Maroc surprend même les visiteurs européens
Faire le plein dans une station-service marocaine peut réserver une mauvaise surprise. Les tarifs affichés atteignent des niveaux qui pèsent lourdement sur le budget des automobilistes locaux.
Cette réalité touche particulièrement les salariés rémunérés au salaire minimum. Un Marocain de l’étranger (MRE) a partagé son expérience dans une vidéo diffusée sur TikTok, mettant en lumière la difficulté de vivre avec de tels prix.
Son témoignage souligne le décalage grandissant entre le coût de la vie quotidienne et les revenus des travailleurs marocains payés au SMIG national.
« C’est 33 % du SMIG ! » : un plein qui coûte le tiers d’un salaire
Après avoir rempli le réservoir de sa voiture, ce MRE découvre un montant qui le laisse abasourdi. La note dépasse les 1 000 dirhams marocains, soit plus de 90 euros, pour un peu plus de 66 litres.
« C’est trop une dinguerie les gars… un plein de voiture à 1 000 dirhams… c’est un tiers du SMIC », s’exclame-t-il face à la caméra. Selon lui, un salarié rémunéré au minimum doit désormais consacrer 33 % de sa paie à un seul plein.
À combien s’élève le SMIG marocain en 2026 ?
En 2026, le salaire minimum interprofessionnel garanti au Maroc s’établit autour de 3 400 dirhams. Cette revalorisation a fait grimper le taux horaire de 14,81 à 17,9 dirhams.
Malgré cette hausse, de nombreux Marocains peinent toujours à remplir le réservoir de leur véhicule. L’augmentation du salaire minimum ne compense pas la flambée des prix à la pompe.
Carburant au Maroc : des tarifs qui grimpent plus vite que les salaires
En se basant sur un revenu supérieur à 3 000 dirhams, ce Marocain de France établit une comparaison parlante. Payer un plein à 1 000 dirhams au Maroc équivaudrait à débourser 400 euros en France, où le SMIG avoisine 1 400 euros.
Cette mise en perspective illustre l’ampleur du fardeau que représente le carburant pour les foyers marocains. Le rapport entre le prix de l’essence et le pouvoir d’achat local reste défavorable.
Quel est le prix d’un litre d’essence au Maroc ?
Le litre de carburant se négocie autour de 15 dirhams au Maroc, soit près de 1,5 euro. Un niveau proche des tarifs européens, alors que les revenus moyens sont bien inférieurs.
La différence est saisissante avec le pays voisin. En Algérie, le litre d’essence ne dépasse pas 50 dinars algériens, l’équivalent d’environ 0,20 euro au taux de change parallèle.
Comparaison avec l’Algérie : un écart de prix considérable
En Algérie, un plein d’essence coûte en moyenne 2 500 dinars. Cette somme représente environ 10 % du salaire minimum, fixé actuellement à 24 000 dinars algériens.
L’écart avec le Maroc est frappant. Là où un automobiliste algérien consacre un dixième de son revenu à faire le plein, un salarié marocain doit y engloutir près d’un tiers de sa paie.
Cette disparité s’explique en grande partie par les politiques de subvention du carburant, très différentes d’un pays à l’autre du Maghreb.
Vers une revalorisation du salaire minimum au Maroc ?
Pour ce MRE, la solution passe par une hausse conséquente du salaire minimum. Il estime que le SMIG marocain devrait atteindre 5 000 dirhams afin de faire face au coût de la vie.
Cette revendication rejoint une promesse politique récente. Le président du Rassemblement National des Indépendants (RNI) s’est engagé vendredi dernier dans cette direction, portant le débat sur le terrain public.
Le témoignage de ce Marocain de l’étranger met en lumière un malaise réel autour du prix de l’essence au Maroc. Entre des tarifs élevés à la pompe et des salaires jugés insuffisants, la question du pouvoir d’achat s’impose comme un enjeu majeur pour les mois à venir.