Les visas France en Algérie restent au cœur des préoccupations de milliers de demandeurs, alors que la promesse d’un retour à la normale tarde à se concrétiser. En juillet, l’ambassadeur de France à Alger, Stéphane Romatet, avait assuré travailler pour rétablir une délivrance fluide dès la saison estivale. Mais à l’approche de la fin de l’été, aucun signe d’amélioration n’apparaît sur le terrain.
Aux origines de la crise des visas entre Paris et Alger
La situation actuelle trouve ses racines dans les tensions diplomatiques qui ont marqué l’année 2025. Fin août de cette année-là, dans un climat particulièrement dégradé entre les deux pays, la représentation française à Alger avait officialisé une réduction du nombre de visas accordés.
Cette décision s’expliquait, selon les autorités françaises, par une baisse notable des effectifs affectés aux consulats. Les postes diplomatiques d’Alger, d’Oran et d’Annaba se sont ainsi retrouvés en sous-capacité pour traiter les dossiers.
Depuis, l’octroi des sésames s’effectue au ralenti et de façon très sélective. Seules certaines catégories de demandeurs restent privilégiées : les renouvellements, les proches de ressortissants français et les étudiants.
Des primo-demandeurs largement écartés
Les personnes sollicitant pour la première fois un visa Schengen figurent parmi les grandes perdantes de cette politique restrictive. Les refus s’accumulent pour ce public, qui peine à obtenir une réponse favorable auprès des services consulaires français.
La promesse d’un retour à la normale formulée par l’ambassadeur
Un espoir était pourtant né au printemps. En mai, l’Élysée avait confirmé le retour à Alger de son ambassadeur, rappelé à Paris en avril 2025, ainsi que la relance de la coopération consulaire entre les deux capitales.
Cette décision devait logiquement conduire à la levée progressive des restrictions imposées sur les visas destinés aux ressortissants algériens. De retour à son poste, Stéphane Romatet s’était exprimé en juillet dans un entretien accordé à un média algérien.
Le diplomate y affirmait œuvrer pour un retour à une délivrance « normale » dès l’été. Il avait insisté sur la nécessité de préserver les liens humains unissant les deux nations.
Les catégories les plus touchées par les restrictions
Parmi les publics affectés par la contraction du nombre de visas Schengen, l’ambassadeur avait cité les opérateurs économiques algériens ainsi que les familles souhaitant rendre visite à leurs proches installés en France.
« Notre priorité est de faire en sorte que notre politique des visas n’entraîne pas de difficultés pour les Algériens désireux de se rendre en France », avait-il déclaré, en soulignant l’importance de ces relations bilatérales.
Un été qui s’achève sans amélioration constatée
Pour Stéphane Romatet, la principale source de blocage réside dans le manque de personnel au consulat général de France à Alger. Depuis son retour, son objectif affiché consistait à reconstituer les effectifs indispensables au bon fonctionnement des services.
Le représentant français avait ainsi annoncé que l’ensemble des agents nécessaires serait déployé au cours de l’été. Il tablait sur une reprise à la hausse du volume de visas délivrés, avec un possible retour aux niveaux antérieurs à la crise.
Dans les faits, cette perspective ne s’est pas matérialisée. À l’heure où la saison estivale touche à sa fin, aucun changement tangible n’est observé concernant l’attribution des visas France en Algérie.
Des délais toujours aussi longs chez les prestataires
Les candidats au voyage continuent de dénoncer la pénurie de créneaux disponibles et la lenteur du traitement de leurs dossiers, notamment auprès du prestataire mandaté par les consulats français en Algérie.
De nombreux témoignages relayés sur les réseaux sociaux confirment que les rendez-vous demeurent extrêmement rares. L’examen des demandes s’étire lui aussi sur des délais jugés excessifs par les intéressés.
L’initiative de Romatet freinée par les autorités françaises ?
Il faut rappeler que les déclarations de l’ambassadeur avaient provoqué de fortes réactions en France. Les responsables des formations politiques de droite et d’extrême droite s’étaient montrés particulièrement critiques.
Bruno Retailleau avait notamment déploré une diplomatie contrainte, selon lui, de « courber la tête » face au pouvoir algérien, dénonçant les concessions du chef de l’État français.
Quelques jours plus tard, Emmanuel Macron était lui-même intervenu pour recadrer les propos tenus par son ambassadeur. Le président avait précisé qu’aucun objectif chiffré n’existait en matière de visas pour les Algériens, écartant tout soupçon de laxisme de la part de Paris.
Alors que la France s’engage progressivement dans la campagne pour l’élection présidentielle de 2027, une reprise significative de la délivrance des visas aux ressortissants algériens paraît peu vraisemblable. Le contexte politique intérieur pèse lourdement sur les arbitrages diplomatiques attendus par les demandeurs.
