La production de gaz naturel en Algérie a franchi un nouveau cap au premier semestre 2026, atteignant 54,01 milliards de mètres cubes. Ce volume représente le plus haut niveau enregistré pour cette période depuis 2023. Cette performance confirme la place stratégique du pays parmi les grands producteurs d’hydrocarbures du Maghreb et du continent africain.
Une production gazière algérienne en nette progression
Par rapport au premier semestre 2025, la hausse de la production s’élève à 2,2 milliards de mètres cubes. L’année précédente, le volume avait plafonné à 51,81 milliards de m³. Cela représente une croissance de 4,2% sur un an, un signal encourageant pour le secteur énergétique national.
Ces chiffres proviennent de l’initiative internationale JODI (Joint Organizations Data Initiative). Ils ont été relayés le dimanche 23 août 2026 par l’unité de recherche spécialisée Attaqa. Ces données constituent une référence pour suivre l’évolution des marchés énergétiques mondiaux.
Un mois de juin à contre-courant
La tendance haussière s’est vérifiée sur l’ensemble des mois du semestre, à une exception près. En juin 2026, la production a atteint 8,17 milliards de m³, en léger repli de 0,4%. Un an plus tôt, ce même mois avait totalisé 8,20 milliards de m³.
Le record mensuel absolu demeure celui de mars 2023, avec 13,18 milliards de m³. En janvier 2026, la production s’en est rapprochée en atteignant 10,437 milliards de m³. Ces pics illustrent la capacité de montée en régime des installations algériennes.
Cinq années de comparaison
Sur les cinq derniers exercices, l’évolution des premiers semestres révèle une trajectoire fluctuante. Les volumes se sont établis à 49,23 milliards de m³ en 2022, puis 54,72 milliards en 2023. Ils ont ensuite baissé à 53,61 milliards en 2024 et 51,81 milliards en 2025, avant le rebond de 54,01 milliards en 2026.
Une consommation intérieure de gaz en forte hausse
La demande domestique progresse plus rapidement que l’offre. La consommation nationale a atteint 28,49 milliards de m³ au premier semestre 2026. Sur la même période en 2025, elle s’établissait à 26,81 milliards de m³, soit une augmentation de 6,3%.
Le marché intérieur absorbe désormais 53% de la production gazière algérienne. Le secteur électrique en constitue le principal débouché. Les centrales du pays fonctionnent à 99% grâce au gaz naturel, ce qui traduit une forte dépendance énergétique.
Le tournant des énergies renouvelables
Pour alléger cette dépendance, l’Algérie mise sur le solaire. En mai 2026, deux centrales photovoltaïques d’une capacité totale de 400 mégawatts sont entrées en service. Elles marquent le lancement de la première étape d’un vaste programme national.
Les autorités visent l’ajout de 3,2 gigawatts de capacité solaire d’ici 2027. Cet objectif s’inscrit dans une stratégie de diversification énergétique observée dans plusieurs pays du Maghreb, où le potentiel solaire reste considérable.
Des exportations de gaz portées par les gazoducs
Les exportations totales de gaz algérien affichent également une dynamique positive. En cumulant les livraisons par gazoduc et les cargaisons de gaz naturel liquéfié, elles atteignent 23,97 milliards de m³ sur six mois. Ce volume progresse de 2,4% par rapport aux 23,40 milliards de m³ de 2025.
Les acheminements par gazoduc ont représenté 3,06 milliards de m³ en juin 2026. Un an auparavant, ce chiffre s’établissait à 2,95 milliards de m³. Ces infrastructures relient notamment l’Algérie à ses partenaires européens du bassin méditerranéen.
Le GNL en repli sur fond de maintenance
Le gaz naturel liquéfié affiche une tendance moins favorable. Les expéditions ont atteint 899 millions de m³ en juin 2026, contre un milliard de m³ un an plus tôt. Sur l’ensemble du semestre, elles ont reculé de 6,5% pour s’établir à 4,47 millions de tonnes, soit environ 6,1 milliards de m³.
Ce recul s’explique par des opérations de maintenance sur les unités de liquéfaction. Le deuxième trimestre 2026 a toutefois enregistré une reprise, avec 2,43 millions de tonnes expédiées. La conjoncture demeure donc contrastée selon les périodes.
En juillet 2026, les cargaisons de GNL sont retombées à 0,495 million de tonnes. Il s’agit du troisième plus bas niveau mensuel depuis 2013. Seuls janvier 2025 et janvier 2026 avaient affiché des volumes inférieurs, respectivement 0,389 et 0,440 million de tonnes.
Au terme de ce premier semestre, l’Algérie confirme la vigueur de son secteur gazier malgré des exportations de GNL fragilisées par la maintenance. L’essor de la consommation intérieure et le pari sur le solaire dessinent les contours d’une transition énergétique progressive. Le pays entend ainsi préserver sa position de fournisseur clé tout en préparant l’après-hydrocarbures.

