Les exportations hors hydrocarbures en Algérie franchissent une nouvelle étape réglementaire. Les opérateurs concernés doivent désormais respecter une obligation supplémentaire, instaurée par la Banque d’Algérie pour mieux encadrer cette activité stratégique. L’objectif affiché est clair : combattre la sous-facturation et garantir le rapatriement des devises issues des ventes à l’étranger.
Une nouvelle règle pour les exportateurs algériens
Le paysage change pour les entreprises tournées vers les marchés internationaux. Toute transaction dont le délai de règlement dépasse 120 jours, sans excéder les 180 jours autorisés, devra obligatoirement transiter par la CAGEX.
Cette Compagnie algérienne d’assurance et de garantie des exportations a diffusé une note à destination des professionnels. Le document précise que de nouvelles dispositions réglementaires portant sur les opérations d’exportation sont désormais applicables.
Selon ce texte, la garantie de la CAGEX devient exigée lorsque le délai de paiement consenti à un client non-résident dépasse les 120 jours, dans la limite fixée à 180 jours. Cette exigence concerne également le financement des opérations d’exportation.
Paiement au-delà de 120 jours : le passage par la CAGEX devient incontournable
Concrètement, un exportateur qui accorde à son partenaire étranger un délai de règlement compris entre 120 et 180 jours devra souscrire une assurance auprès de la CAGEX. Cette formalité s’impose désormais comme un préalable à la conclusion de la transaction.
L’organisme précise toutefois qu’il reste mobilisé pour couvrir les opérations dont les délais sont inférieurs à 120 jours. Dans ce cas de figure, la souscription d’une assurance demeure facultative pour les entreprises exportatrices.
Un accompagnement technique pour sécuriser les échanges
Au-delà de la simple obligation, la CAGEX met en avant ses ressources au service des opérateurs. Elle revendique une bonne connaissance des marchés ainsi qu’une maîtrise du risque de crédit lié aux transactions internationales.
La compagnie s’appuie également sur une base de données riche en informations commerciales. Son réseau de partenaires couvre à la fois le marché national et les marchés étrangers, offrant aux exportateurs un appui pratique dans leurs démarches.
Protéger les transactions et limiter les risques financiers
Selon la CAGEX, cette mesure poursuit un but précis : renforcer la sécurisation des opérations menées par les exportateurs algériens. La démarche s’inscrit dans la continuité des règles édictées par la Banque d’Algérie.
Ces dispositions encadrent les transactions courantes réalisées à l’étranger ainsi que le financement des ventes hors du pays. Elles répondent à une préoccupation ancienne des autorités, soucieuses de préserver les recettes en devises étrangères.
La sous-facturation et le non-rapatriement des fonds figurent parmi les pratiques que les autorités entendent enrayer. En imposant une couverture assurantielle sur les délais longs, le dispositif vise à réduire ces risques.
Une mobilisation annoncée sur tout le territoire
Le directeur général de la CAGEX a tenu à rassurer les opérateurs économiques. Il assure que l’ensemble des équipes de la compagnie, déployées à travers le pays, se tiennent à la disposition des exportateurs.
Cet accompagnement doit permettre aux entreprises de finaliser leurs transactions dans les meilleures conditions possibles. L’objectif est d’éviter que la nouvelle obligation ne devienne un frein aux ambitions commerciales des acteurs nationaux.
Quels enjeux pour la diversification économique ?
Cette réforme intervient alors que l’Algérie mise fortement sur les exportations hors hydrocarbures. Le développement de ce secteur figure parmi les priorités affichées pour réduire la dépendance aux revenus pétroliers et gaziers.
En sécurisant les paiements et en renforçant le contrôle des flux financiers, les autorités espèrent bâtir un cadre plus fiable. Un environnement stable est en effet perçu comme un levier pour attirer de nouveaux marchés et consolider la confiance.
Reste à observer la manière dont les exportateurs vont s’adapter à ces exigences. La souscription obligatoire d’une garantie pourrait représenter un coût supplémentaire, mais aussi une protection face aux impayés à l’international.
En instaurant cette nouvelle obligation, l’Algérie franchit un pas de plus vers un meilleur encadrement de ses ventes à l’étranger. Entre sécurisation des devises et soutien aux opérateurs, l’équilibre entre contrôle et compétitivité sera déterminant pour l’avenir des exportations hors hydrocarbures.

