Longtemps considérée comme la destination phare des touristes algériens à l’étranger, la Tunisie voit son attractivité vaciller à l’approche de l’été 2026. En 2025, le pays avait accueilli plus de 4 millions de visiteurs venus d’Algérie, un record que rien ne garantit de reproduire cette année. Trois facteurs majeurs pourraient bien détourner les vacanciers algériens de leur voisin maghrébin.
Une allocation touristique désormais plus complexe à décrocher
Le premier obstacle qui pourrait pousser les Algériens à renoncer à la Tunisie concerne l’allocation touristique. La procédure d’attribution de cette enveloppe de 750 euros s’est nettement durcie ces derniers mois.
Désormais, l’obtention de cette somme est subordonnée à la possession d’une carte bancaire internationale, de type Visa ou Mastercard. Le parcours s’annonce long et fastidieux : il faut alimenter à la fois un compte en dinars et un autre en devises.
Or, l’afflux massif de vacanciers algériens l’été dernier s’expliquait justement, en partie, par la simplicité du dispositif alors en vigueur. La revalorisation du montant de l’allocation, combinée à des démarches allégées, avait largement contribué à ce succès.
À l’époque, les voyageurs pouvaient récupérer leurs 750 euros directement en liquide aux postes frontaliers, après avoir réglé la contre-valeur auprès de leur banque. Cette formule accessible avait provoqué un véritable engouement aux frontières tunisiennes.
Canicule, coupures d’électricité et pénurie d’eau frappent la Tunisie
Le deuxième élément susceptible de refroidir les ardeurs des touristes algériens tient aux conditions climatiques extrêmes que traverse le pays. Vagues de chaleur exceptionnelles, incendies, interruptions d’électricité et manques d’eau se multiplient dans plusieurs régions.
Des relevés de température frôlant les 50 °C ont été enregistrés dans divers secteurs, y compris dans des zones à forte fréquentation touristique. Tunis, l’île de Djerba ou encore Kairouan figurent parmi les destinations concernées par cette fournaise.
Cette canicule s’est doublée de coupures de courant à répétition, privant hôtels et résidences de vacances de leur climatisation. À cela s’ajoute une pénurie d’eau qui a même entraîné une hausse du prix des bouteilles dans les commerces.
Une vie chère et des services touristiques en hausse
Le troisième frein réside dans l’envolée généralisée des prix. En Tunisie, ce ne sont pas seulement les tarifs de l’eau qui grimpent, mais la quasi-totalité des biens et prestations ont connu une inflation soutenue ces dernières années.
En 2025, le coût des services touristiques a bondi de 30 % par rapport à l’année précédente, selon la presse locale tunisienne. Et la tendance ne s’est nullement inversée au cours de cette année 2026, bien au contraire.
La Tunisie s’éloigne ainsi de plus en plus de son image de destination bon marché, qui avait pourtant bâti sa popularité auprès des vacanciers. Nombre d’entre eux dénoncent aujourd’hui une dégradation des prestations, alors même que les tarifs continuent de grimper.
Cette hausse touche également les produits de consommation courante, notamment l’alimentation. Ce renchérissement s’explique en grande partie par les multiples pénuries qui pèsent sur l’économie tunisienne depuis plusieurs années.
Entre restrictions financières, aléas climatiques et coût de la vie en forte augmentation, la Tunisie perd donc une partie de son pouvoir d’attraction auprès des vacanciers algériens. Reste à savoir si ces obstacles suffiront à réorienter durablement les flux touristiques vers d’autres horizons cet été.
