Le trafic de métaux précieux connaît un nouveau revers à Alger, où les forces de l’ordre ont démantelé un vaste réseau criminel. La Brigade de recherche et d’intervention (BRI) de la Sûreté de wilaya a procédé à l’interpellation de 39 individus, dont plusieurs ressortissants étrangers, et à la saisie de biens estimés à près de 38 milliards de centimes.
Cette opération d’envergure a permis de mettre la main sur plus de dix kilogrammes d’or, d’importantes sommes en devises étrangères ainsi que sur une flotte de véhicules. D’après un communiqué diffusé le lundi 20 juillet par la Sûreté de wilaya, l’affaire a démarré à la suite du recoupement de renseignements évoquant une filière active dans le commerce clandestin de métaux et l’exportation illégale de capitaux.
Une filière transfrontalière ciblée par la BRI
Les enquêteurs de la Brigade de recherche et d’intervention ont patiemment identifié les membres du réseau avant de déclencher une vaste opération coordonnée. Au terme de ce travail de renseignement, 39 personnes ont été appréhendées, parmi lesquelles figurent des migrants venus de l’étranger.
Selon les services de sécurité, les suspects auraient formé une organisation criminelle aux ramifications dépassant les frontières nationales. Cette dimension transfrontalière complique généralement les investigations, tout en illustrant l’ampleur prise par ce type de criminalité économique dans la région.
Le mode opératoire présumé combinait la collecte de métaux précieux et le transfert illicite de devises hors du territoire algérien. Une double activité qui alimente autant les circuits parallèles que les pertes pour l’économie nationale.
Plus de 10 kg d’or et des devises saisis à Alger
Les perquisitions conduites dans le cadre de cette affaire de trafic de métaux précieux ont livré un butin conséquent. Le bilan officiel fait état de la récupération de 10,633 kg d’or, de 3 081 grammes d’argent, de 8 349 grammes de cuivre et de 3 434 grammes de fer.
Les policiers ont également mis la main sur 8,009 millions de dinars, soit l’équivalent de 800 millions et 900 000 centimes en numéraire. À cette somme s’ajoutent plusieurs devises étrangères : 11 860 euros, 17 200 dollars américains et 2 420 livres turques.
Quinze véhicules, à la fois de tourisme et utilitaires, ont par ailleurs été confisqués, tout comme 39 téléphones portables. Ces appareils pourraient constituer des pièces déterminantes dans la suite de l’enquête judiciaire.
L’une des plus grosses saisies récentes dans la capitale
La valeur marchande cumulée de l’ensemble des biens saisis avoisine les 38 milliards de centimes selon les autorités. Ce montant place cette intervention parmi les opérations les plus retentissantes menées dernièrement à Alger contre les réseaux de contrebande.
Un tel bilan témoigne de la sophistication logistique du groupe démantelé. La diversité des métaux, des monnaies et des moyens de transport récupérés révèle une organisation structurée, capable de gérer plusieurs flux financiers en parallèle.
Une lutte renforcée contre les réseaux de contrebande
Le commerce illicite de métaux précieux figure parmi les priorités de surveillance des services de sécurité algériens. La flambée du cours de l’or et la forte rentabilité de son négoce souterrain encouragent la prolifération de filières organisées opérant entre plusieurs pays.
Au-delà du manque à gagner pour les finances publiques, ce type de trafic s’accompagne fréquemment de blanchiment d’argent, de sorties illégales de capitaux et d’autres activités relevant du crime organisé. Ces phénomènes fragilisent l’économie formelle et alimentent les circuits parallèles.
Pour endiguer cette dérive, les forces de police intensifient leurs opérations de renseignement et multiplient les enquêtes de terrain. L’objectif affiché reste le démantèlement complet des réseaux et l’identification de leurs ramifications régionales.
Les suspects déférés devant la justice
Une fois les investigations bouclées, les 39 personnes interpellées ont été présentées au procureur de la République près le tribunal de Dar El Beïda. Cette comparution s’est déroulée dans le respect des procédures judiciaires en vigueur.
La justice devra désormais établir le rôle précis de chaque mis en cause au sein de l’organisation présumée. Les éléments matériels saisis, notamment les téléphones et les documents financiers, viendront étayer le dossier d’accusation.
Cette affaire s’inscrit dans une série d’opérations visant à assainir le marché des métaux et à couper les circuits d’exportation illégale de devises. Elle confirme la volonté des autorités de resserrer l’étau autour des filières criminelles actives dans le pays et dans l’ensemble du Maghreb.