L’Algérie confirme sa domination sur le marché du gaz en Espagne. Au mois de mai 2026, le pays maghrébin s’est imposé comme le premier fournisseur d’hydrocarbures gazeux de la péninsule ibérique, devançant nettement la Russie et les États-Unis. Les chiffres du marché gazier espagnol révèlent une progression significative des livraisons algériennes.
Le gaz algérien renforce sa première place en Espagne
Selon les statistiques de la Corporation de Réserves Stratégiques de Produits Pétroliers (CORES), relayées par le quotidien économique espagnol La Razón, les livraisons algériennes ont atteint un niveau remarquable. En mai 2026, l’Algérie a exporté 13 367 gigawattheures (GWh) de gaz naturel vers l’Espagne.
Ce volume représente une hausse de 64,2 % comparé au même mois de l’année précédente. La part algérienne dans l’ensemble des importations mensuelles espagnoles s’est ainsi établie à 42,7 %. Aucun autre partenaire ne s’approche de ce niveau de contribution.
Sur les cinq premiers mois de 2026, les expéditions algériennes cumulent 53 770 GWh, soit une progression annuelle de 8,6 %. Ces données confortent le rang de premier fournisseur détenu par Alger sur le marché ibérique tout au long de l’exercice.
Un approvisionnement combinant gazoduc et méthaniers
Les exportations algériennes s’appuient sur deux canaux complémentaires. Une partie du gaz transite par le gazoduc sous-marin Medgaz, tandis qu’une autre arrive par navires méthaniers sous forme de gaz naturel liquéfié (GNL). Cette double logistique permet à l’Algérie de maintenir des flux réguliers et importants.
Cette combinaison offre un avantage stratégique au fournisseur nord-africain. Elle lui permet de s’adapter à la demande espagnole et de consolider durablement sa position dominante sur ce marché énergétique clé de l’Europe du Sud.
Les livraisons de gaz américain reculent nettement
À l’inverse de la dynamique algérienne, les importations espagnoles en provenance des États-Unis ont fortement chuté. En mai 2026, elles se sont limitées à 4 763 GWh, en recul de 48,1 % par rapport à mai 2025. La part américaine dans le total mensuel n’a représenté que 15,2 %.
Les États-Unis s’étaient pourtant hissés parmi les principaux fournisseurs de l’Espagne ces dernières années. Cette ascension avait suivi le déclenchement du conflit russo-ukrainien, qui avait bouleversé les circuits d’approvisionnement énergétique du continent européen.
Sur les cinq premiers mois de 2026, le gaz américain totalise 51 852 GWh, en baisse de 6 % sur un an. En revanche, sur la période glissante de douze mois close en mai, les livraisons atteignent 108 382 GWh, avec une croissance annuelle de 31,8 %. Le rythme expansif observé après la crise énergétique de 2022 semble néanmoins s’essouffler.
La Russie devient le deuxième fournisseur de gaz de l’Espagne
La Russie enregistre de son côté une remontée notable de ses exportations vers l’Espagne. En mai 2026, ses livraisons ont atteint 8 726 GWh, en progression de 58,5 % par rapport à mai 2025. Moscou s’est ainsi hissé au deuxième rang mensuel, avec 27,9 % de parts de marché.
Un fait marquant se dégage de ces chiffres : la Russie a doublé les États-Unis en volume mensuel durant cette période. Ce renversement illustre la fluidité des équilibres sur le marché gazier ibérique, où les fournisseurs se disputent sans cesse les premières places.
Sur les cinq premiers mois de 2026, le gaz russe cumule 31 699 GWh, en hausse de 38,2 % sur un an. Toutefois, sur la période glissante de douze mois, les volumes reculent de 17,2 % à 51 388 GWh, représentant 13,8 % des importations. Sur le cumul janvier-mai, la Russie occupe le troisième rang avec 19 % de parts, derrière les États-Unis et l’Algérie.
Un marché espagnol structuré autour du GNL
La persistance des flux russes s’explique par la configuration du marché espagnol. Celui-ci repose largement sur le gaz naturel liquéfié et dispose d’un vaste réseau de terminaux de regazéification. Cette infrastructure permet de recevoir des cargaisons issues de sources très variées.
Cette souplesse distingue l’Espagne d’autres nations européennes engagées dans une réduction de leur dépendance au gaz russe. Madrid conserve ainsi une marge de manœuvre pour diversifier ses achats selon les prix et les disponibilités du marché mondial.
Un total des importations gazières en légère hausse
Les données de la CORES montrent que l’Espagne a importé au total 31 313 GWh de gaz en mai 2026, en progression annuelle de 1,8 %. Le GNL a constitué la part majoritaire de ces volumes, avec 19 632 GWh, tandis que le gaz acheminé par gazoduc a atteint 11 680 GWh.
Une présence renforcée du gaz issu de pays non membres de l’OCDE se confirme sur cette période. La prédominance du GNL sur le transport par canalisation témoigne d’un marché ouvert à de multiples partenaires, favorisant la diversification des sources d’approvisionnement.
Ces résultats consolident le rôle central de l’Algérie dans la sécurité énergétique de l’Espagne. Alors que Washington marque le pas et que Moscou remonte, Alger conserve une avance confortable qui renforce son influence sur le marché gazier de l’Europe méridionale.

