L’OPEP+ poursuit sa stratégie d’ouverture des vannes pétrolières. Ce dimanche 5 juillet 2026, sept pays membres de l’alliance, dont l’Algérie, ont décidé de relever leur production de pétrole pour le mois d’août. Cette hausse, fixée à 188 000 barils par jour, marque une nouvelle étape dans le démantèlement progressif des coupes volontaires instaurées depuis mai 2023.
La décision a été prise lors d’une réunion virtuelle réunissant les principaux producteurs concernés. Elle confirme la volonté du groupe de restaurer graduellement les volumes retirés du marché ces dernières années. Ce mouvement s’inscrit dans une dynamique amorcée au printemps 2025.
Les sept pays engagés dans la hausse de production pétrolière
Sept nations participent à cette augmentation coordonnée : l’Arabie saoudite, la Russie, l’Irak, le Koweït, le Kazakhstan, l’Algérie et le Sultanat d’Oman. Ces acteurs comptent parmi les producteurs les plus influents de l’alliance OPEP+.
Le volume retenu, soit 188 000 barils quotidiens supplémentaires, reproduit à l’identique les hausses appliquées en juin et juillet 2026. Ces relèvements avaient toutefois été révisés à la baisse après le départ des Émirats arabes unis de ce dispositif, effectif depuis le 1er mai 2026.
Les sept signataires ont réaffirmé leur attachement à la stabilité des marchés pétroliers mondiaux. Ils rappellent que le reliquat des réductions, évalué à 1,065 million de barils par jour, pourra être réinjecté partiellement ou en totalité selon la conjoncture.
Les nouveaux quotas de production fixés pour août 2026
Chaque pays s’est vu attribuer un objectif précis pour le mois d’août 2026. L’Arabie saoudite portera sa production à 10,416 millions de barils par jour, grâce à une hausse de 62 000 barils. La Russie enregistre une progression identique et atteindra 9,887 millions de barils quotidiens.
De son côté, l’Irak augmentera son extraction de 26 000 barils par jour pour culminer à 4,405 millions de barils. Le Koweït verra son plafond grimper à 2,660 millions de barils, soit 16 000 barils de plus. Le Kazakhstan, quant à lui, produira 1,618 million de barils quotidiens après une hausse de 10 000 barils.
L’Algérie franchira un cap symbolique en dépassant le seuil du million de barils par jour. Sa production s’établira à 1,001 million de barils quotidiens, avec un surplus de 6 000 barils. Le Sultanat d’Oman fermera la liste avec 836 000 barils par jour, soit 5 000 barils supplémentaires.
Un mécanisme de suivi mensuel pour ajuster l’offre
Les sept partenaires ont convenu de se retrouver chaque mois pour évaluer l’état du marché. Ces rendez-vous permettront de surveiller le respect des engagements et l’avancement des plans de compensation. La prochaine réunion est déjà programmée pour le 2 août 2026.
Ce dispositif de contrôle offre aux producteurs la souplesse nécessaire pour adapter leurs volumes en temps réel. Les pays insistent sur la prudence et se réservent le droit de suspendre, voire d’inverser, le processus de sortie des coupes si les conditions l’exigent.
La question des surproductions et des compensations
Le suivi concerne aussi les excédents produits au-delà des quotas. Les sept nations s’engagent à compenser l’intégralité des surproductions constatées depuis janvier 2024. Cette obligation vise à préserver l’équilibre global de l’offre.
La période dédiée à ces compensations a par ailleurs été étendue jusqu’à décembre 2026. Selon le communiqué diffusé à l’issue de la réunion, cet allongement laisse aux producteurs davantage de latitude pour accélérer le rattrapage de leurs engagements.
Le contexte stratégique de la décision de l’OPEP+
Cette annonce s’inscrit dans une politique plus large déployée par l’alliance depuis plusieurs mois. En novembre 2023, le groupe avait acté des réductions volontaires additionnelles de 2,2 millions de barils par jour. Ces coupes ont finalement été levées entre avril et septembre 2025.
Ce retour à la normale s’est opéré en seulement six mois, alors que le calendrier initial tablait sur une résorption étalée sur dix-huit mois. Cette accélération traduit la confiance des producteurs dans la solidité de la demande mondiale.
Pour l’Algérie et les autres pays concernés, la démarche demeure guidée par la flexibilité. L’alliance continue d’ajuster son offre au gré des signaux envoyés par les marchés internationaux, tout en surveillant l’évolution des prix du brut.
Quels enjeux pour l’économie algérienne ?
Pour Alger, franchir le seuil du million de barils par jour revêt une portée significative. Les hydrocarbures restent le principal pilier des recettes budgétaires du pays. Toute hausse de production peut donc renforcer les revenus tirés des exportations énergétiques.
Cette progression intervient alors que la production algérienne évoluait déjà à un niveau élevé ces derniers mois. Le maintien de quotas favorables consolide la place du pays parmi les acteurs pétroliers de premier plan au Maghreb et en Afrique du Nord.
La coordination au sein de l’OPEP+ confirme ainsi la volonté des producteurs de piloter l’offre avec souplesse. Reste à observer comment le marché absorbera ces volumes supplémentaires dans les prochains mois. Les prochaines réunions mensuelles fourniront des indications précieuses sur la trajectoire retenue.
