Les balades à dos de dromadaire comptent parmi les activités touristiques les plus prisées au Maroc et en Tunisie. Derrière ce loisir populaire, souvent facturé à prix fort, se cache pourtant une réalité que dénoncent de plus en plus les défenseurs des animaux. Une association de protection animale vient de relancer le débat sur ces pratiques controversées.
Une activité touristique populaire au cœur de la polémique
Prendre place sur le dos d’un dromadaire au milieu des dunes fait partie des souvenirs recherchés par de nombreux visiteurs du Maghreb. Cette attraction, proposée dans les zones désertiques marocaines et tunisiennes, séduit chaque année des milliers de voyageurs venus vivre une expérience dépaysante.
Mais ce moment apprécié dans la bonne humeur masque une tout autre réalité. Selon les défenseurs des animaux, cette activité entretient un système de souffrance animale directement alimenté par les dépenses des touristes.
L’organisation de protection animale PETA a publié début juillet un article détaillé sur son site. Elle y recense de nombreuses pratiques cruelles employées par les dresseurs pour dompter les dromadaires dans plusieurs pays, notamment le Maroc, la Tunisie et l’Égypte, uniquement à des fins commerciales.
Les dromadaires exposés à de graves maltraitances
D’après les enquêtes menées par l’association, les dresseurs recourent à des méthodes extrêmes pour briser mentalement l’animal et le rendre plus soumis face aux touristes. Les techniques de dressage décrites sont particulièrement choquantes.
Les dromadaires seraient régulièrement privés de nourriture, frappés violemment et marqués au fer rouge. Pour maîtriser totalement leurs mouvements, les dresseurs perceraient leurs narines afin d’y insérer des bâtons, ou attacheraient leurs mâchoires à l’aide de cordes.
Des blessures ignorées au nom du profit
Ces méthodes provoquent des plaies ouvertes dans des zones du corps particulièrement sensibles. Malgré la gravité de ces lésions, les dresseurs feraient rarement appel à un vétérinaire pour soigner les animaux blessés.
Plus grave encore, les dromadaires seraient contraints d’assurer les promenades touristiques alors même qu’ils souffrent des séquelles laissées par leur dressage. La douleur ne suspend jamais leur exploitation.
Un destin funeste attend ces animaux après leur exploitation
Tant que cette attraction génère des revenus, ces pratiques ont peu de chances de disparaître. Aussi longtemps que des visiteurs paieront pour ces excursions, il se trouvera des dresseurs prêts à imposer ces conditions cruelles aux animaux.
Le dressage débuterait généralement dès l’âge de deux ans, alors que le dromadaire n’atteint sa pleine maturité qu’à six ans. Une fois devenu trop âgé ou trop affaibli par ses blessures, l’animal est conduit à l’abattoir. Une issue brutale qui clôt une existence marquée par la souffrance.
Vers un tourisme plus respectueux des animaux
Face à ce constat, l’association invite les voyageurs à renoncer à ce type de divertissement. Elle recommande plutôt de privilégier d’autres formes d’exploration, comme les balades en moto ou en quad, largement proposées au Maroc et en Tunisie.
Ce changement de comportement dépend en grande partie des touristes eux-mêmes. En orientant leurs choix vers des activités sans exploitation animale, ils peuvent contribuer à faire évoluer les pratiques du secteur touristique dans la région.
La question du bien-être animal s’invite désormais dans les débats sur le tourisme au Maghreb. Alors que les critiques se multiplient, l’avenir de ces attractions dépendra sans doute de la sensibilité croissante des voyageurs à la cause animale.
