Le voyage en Europe s’annonce compliqué pour l’été 2026, avec des délais d’attente pouvant atteindre quatre heures dans certains aéroports. La faute au nouveau système de contrôle des passeports EES, dont le déploiement progressif inquiète les compagnies aériennes. Les voyageurs maghrébins se rendant en France, en Espagne ou en Italie figurent parmi les premiers concernés.
Voyage en Europe : pourquoi les contrôles aux frontières s’allongent
Le cœur du problème porte un nom technique : l’EES, pour Entry/Exit System. Ce dispositif européen doit remplacer le traditionnel cachet apposé à la main sur les passeports des ressortissants extra-Schengen.
Il s’applique aux séjours de courte durée, inférieurs à quatre-vingt-dix jours, dans l’espace Schengen. Dès le premier passage, chaque voyageur doit enregistrer ses données biométriques, dont sa photographie et ses empreintes digitales.
L’objectif affiché est triple : renforcer la sécurité des frontières, mieux détecter les dépassements de séjour et moderniser les entrées et sorties du territoire européen. Mais cette phase de mise en route ralentit fortement les vérifications, surtout dans les plateformes à fort trafic.
Ryanair redoute un « chaos » aux passeports cet été
La compagnie à bas coût Ryanair ne cache pas ses craintes. Son directeur des opérations, Neal McMahon, juge que le système n’est pas prêt pour le pic estival.
Selon lui, plusieurs facteurs risquent de saturer les contrôles. Il pointe le manque d’agents aux frontières, le nombre insuffisant de bornes automatiques et certaines défaillances techniques encore non résolues.
L’aéroport de Paris-Beauvais, où Ryanair est fortement implantée, apparaît particulièrement exposé à ces engorgements. Le transporteur redoute des files interminables au moment où les départs en vacances battront leur plein.
Une inquiétude partagée par tout le secteur aérien
Ryanair n’est pas seule à tirer la sonnette d’alarme. Dès février, plusieurs organisations majeures du transport aérien avaient formulé les mêmes réserves.
ACI Europe, Airlines for Europe (A4E) et l’Association internationale du transport aérien (IATA) ont averti que l’attente pourrait grimper jusqu’à quatre heures. Ces acteurs réclament des mesures d’urgence pour éviter la paralysie des terminaux durant la haute saison.
Quels voyageurs sont touchés par le nouveau contrôle des passeports
Le dispositif vise avant tout les ressortissants des pays situés hors de l’espace Schengen. Sont donc concernés les voyageurs venant d’Algérie, du Maroc, de Tunisie, mais aussi du Royaume-Uni, des États-Unis ou du Canada.
Les citoyens de l’Union européenne, eux, échappent à cet enregistrement biométrique lorsqu’ils circulent à l’intérieur de la zone. Pour les Maghrébins, souvent nombreux à rejoindre leurs proches en Europe l’été, l’impact pourrait être significatif.
La diaspora algérienne, marocaine et tunisienne représente en effet une part importante du trafic vers la France, l’Espagne et l’Italie durant les mois estivaux. Ces départs coïncident précisément avec la montée en charge du système.
Des pays européens prennent déjà les devants
Devant les premiers ratés, certains États ont adopté des solutions provisoires. La Grèce a ainsi suspendu l’usage du système pendant la période estivale pour éviter l’asphyxie de ses aéroports.
À Rome, les gestionnaires aéroportuaires ont eux aussi plaidé pour un report du dispositif. Leur but : préserver la fluidité du trafic durant les semaines les plus chargées de l’année.
Comment anticiper les longues attentes lors du voyage en Europe
Face à ces incertitudes, les compagnies aériennes délivrent un conseil simple. Elles recommandent aux passagers d’arriver nettement plus tôt à l’aéroport que d’ordinaire.
Cette précaution s’avère cruciale pour les vols au départ de pays extérieurs à l’espace Schengen. Prévoir une large marge permet d’absorber un éventuel allongement du passage aux frontières.
Les voyageurs maghrébins ont donc tout intérêt à préparer leur départ avec soin. Vérifier la validité de ses documents et s’informer sur les procédures en amont peut limiter les mauvaises surprises.
L’été 2026 constituera le premier grand test à échelle réelle de l’EES. Selon la capacité des aéroports à absorber le flux, ce nouveau contrôle des passeports pourrait soit s’installer durablement, soit connaître de nouveaux ajustements. Les prochains mois diront si les frontières européennes tiennent le choc du rush estival.
