Une expulsion vers la Tunisie interrompue à l’aéroport de Nice
Les événements se sont déroulés le 22 juin à l’aéroport de Nice Côte d’Azur, dans le sud de la France. Un Tunisien de 35 ans, visé par une mesure d’éloignement, devait être renvoyé vers son pays d’origine.
Mais l’opération ne s’est pas déroulée comme prévu. L’homme a finalement été débarqué de l’avion qui devait l’acheminer vers la Tunisie. Aussitôt après, il a été conduit au CHU de Nice pour y être pris en charge.
Cette procédure d’éloignement, qui s’inscrit dans le cadre des renvois forcés appliqués par les autorités françaises, a depuis pris une tournure judiciaire et médiatique inattendue.
Des accusations de violences policières lors du renvoi
Selon le récit de l’intéressé, repris par plusieurs membres de sa famille, il aurait subi des brutalités policières au moment de son embarquement. C’est précisément après ce débarquement qu’il a été hospitalisé à Nice.
Inquiète de rester sans nouvelles, sa tante a tiré la sonnette d’alarme. « J’ai eu mon neveu au téléphone mercredi. Il m’a annoncé qu’il était transféré à l’hôpital. Il pleurait et m’a confié qu’il ne parvenait plus à marcher », a-t-elle relaté à la presse locale.
Le témoignage de la famille du Tunisien
D’après les déclarations transmises par sa tante, les coups portés auraient été d’une grande violence. Elle évoque « plusieurs coups reçus, des contraintes physiques importantes, des frappes aux mains et aux jambes, ainsi qu’une pression exercée sur ses parties génitales ».
Toujours selon ses proches, le ressortissant tunisien aurait perdu connaissance à la suite de ces agissements. Une fois admis au CHU de Nice, sa famille affirme avoir été empêchée de lui rendre visite.
La tante de l’homme assure également qu’il n’aurait pas été enregistré officiellement à son arrivée dans l’Unité de court séjour des urgences. Un médecin l’aurait par ailleurs alertée sur l’état préoccupant de son neveu, qui « ne voulait plus manger ni boire ».
Le parquet de Nice apporte une version contraire
Face à ces accusations, le parquet de Nice a présenté une lecture totalement différente des faits. L’institution judiciaire confirme d’abord qu’« un individu a été placé en garde à vue le 22 juin 2026 pour soustraction à l’exécution d’une obligation de quitter le territoire ».
Selon cette même source, l’homme aurait été débarqué de l’avion à destination de la Tunisie « en raison de son comportement agité et virulent ». La garde à vue a ensuite été levée pour des motifs médicaux exigeant une hospitalisation.
L’origine des blessures contestée
Sur la cause réelle de cette admission aux urgences, le parquet avance une explication inattendue. D’après ses constatations, le Tunisien se serait blessé « après avoir avalé une lame de rasoir qu’il dissimulait dans sa bouche ».
L’autorité judiciaire insiste enfin sur un point essentiel : elle affirme n’avoir « enregistré aucune plainte pour violences policières » dans le cadre de cette affaire d’expulsion.
Cette affaire illustre la complexité des opérations d’éloignement menées depuis le territoire français, où les versions des personnes concernées et celles des autorités divergent fréquemment. Sans plainte officielle déposée à ce jour, seule une enquête approfondie pourrait permettre d’éclaircir les circonstances exactes de cet incident survenu à Nice.