L’acier algérien se trouve au cœur d’une nouvelle revendication économique portée par le président Abdelmadjid Tebboune. En marge de la Foire internationale d’Alger, le chef de l’État a réclamé la levée des quotas appliqués par l’Union européenne sur les exportations sidérurgiques du pays. Il a qualifié ces limitations de déséquilibrées, soulignant l’absence de barrières comparables sur les produits importés depuis le Vieux Continent.
Acier algérien : Tebboune réclame un accès libre au marché européen
La 57e édition de la Foire internationale d’Alger se déroule sous le mot d’ordre « Confiance et stabilité pour une croissance durable ». Le président a parcouru plusieurs stands, manifestant son attention envers les filières industrielles et les acteurs économiques présents lors de ce rendez-vous majeur.
Au stand de Tosyali Algérie, le chef de l’État a exprimé son souhait de poursuivre les discussions avec Bruxelles pour ouvrir les frontières européennes au métal produit localement. Selon ses mots, l’existence de quotas n’a rien de logique, dans la mesure où l’Algérie n’impose aucune restriction sur ses propres achats en provenance de l’Union.
Le président a rappelé un déséquilibre frappant : les importations algériennes issues de l’UE pèsent 85 % du volume total des acquisitions du pays. Il a mis en avant la qualité de la production sidérurgique nationale ainsi que son empreinte carbone réduite, deux atouts qu’il considère comme des arguments solides pour obtenir un accès facilité au marché continental.
L’usine Fiat d’Oran progresse sur le plan de l’intégration locale
Lors de sa visite au stand du Conseil du renouveau économique algérien, le chef de l’État a livré des chiffres encourageants sur l’automobile nationale. Il a annoncé que le taux d’intégration de l’usine Fiat d’Oran, filiale du groupe Stellantis, a franchi le seuil des 30 %.
Ce niveau pourrait grimper entre 40 et 45 %, grâce à la montée en puissance des sous-traitants algériens dans la fabrication de pièces destinées aux modèles Fiat. Une dynamique qui illustre la volonté du pays de bâtir une véritable filière locale.
#TosyaliAlgerie was honored to welcome the President of the Republic of Algeria, Mr. Abdelmadjid Tebboune, to its stand at FIA 2026.
The President highlighted the quality and competitiveness of Algerian steel and the importance of opening European markets to Algerian products. pic.twitter.com/1EWqfQu85q— Tosyali Algérie (@TosyaliAlgerie) June 24, 2026
Cette avancée s’inscrit dans la stratégie de développement industriel automobile menée ces dernières années. Les autorités misent sur la production locale et la diminution des importations de composants, hormis ceux qualifiés de très haute technicité.
L’Armée nationale populaire, moteur de l’industrie mécanique
Le président Tebboune a également fait étape au stand du ministère de la Défense nationale. Il y a salué l’apport de l’Armée nationale populaire au développement de la mécanique industrielle, qu’il a présentée comme un véritable pilier du secteur.
Le chef de l’État a décrit l’ANP comme « la locomotive de l’industrie mécanique dans le pays », évoquant un niveau de fabrication avancé. Il a attribué cette réussite à la rigueur, à la détermination et au savoir-faire dont l’institution fait preuve.
Un moteur algérien attendu à l’horizon 2028
Le président a fixé un objectif ambitieux : produire d’ici 2028 un moteur et une boîte de vitesses entièrement conçus en Algérie. Il a appelé les start-up à rejoindre l’écosystème de la mécanique militaire dans une logique de sous-traitance.
L’ambition consiste à rapprocher la filière militaire du projet de voiture nationale équipée d’un moteur local. Le chef de l’État a insisté sur la richesse du capital humain algérien, citant des ingénieurs qualifiés qu’il faut désormais mobiliser au service de l’économie.
Il a par ailleurs valorisé le guichet unique, présenté comme un outil de transparence et d’efficacité. Ce dispositif permet aux investisseurs d’obtenir rapidement les documents nécessaires à la mise en œuvre de leurs projets.
Une foire internationale aux couleurs de la coopération
La FIA 2026 rassemble 781 entreprises nationales et étrangères, représentant 36 pays. L’Espagne y figure en tant qu’invitée d’honneur. Le président s’est arrêté aux stands de plusieurs nations partenaires, plaidant pour un renforcement des échanges et une coopération bilatérale élargie.
Au stand de Sonelgaz International, filiale du groupe Sonelgaz, le chef de l’État a salué la compétitivité de l’entreprise. Celle-ci vient de lancer ses premiers chantiers énergétiques au Niger. Tebboune a réaffirmé la disponibilité de l’Algérie à accompagner le continent africain dans le domaine de l’énergie.
Devant le stand d’IRIS, le président a confirmé la volonté des pouvoirs publics de simplifier les démarches d’importation pour les producteurs et investisseurs. Les demandes portant sur des équipements neufs dédiés à l’investissement et sur des matières premières essentielles bénéficient désormais d’une validation automatique.
À travers ces déclarations, le président algérien réaffirme une stratégie tournée vers l’industrialisation et la valorisation des productions nationales, à commencer par l’acier. Reste à savoir si Bruxelles répondra favorablement à cet appel à rééquilibrer les échanges entre les deux rives de la Méditerranée.