La nouvelle ligne France – Algérie opérée par Volotea entre Limoges et Oran rencontre un succès retentissant dès son lancement. Cette liaison saisonnière, inaugurée jeudi dernier au départ du sud-ouest de la France, affiche déjà des avions presque pleins. Une question s’impose pourtant : comment Air Algérie a-t-elle pu laisser passer une telle opportunité ?
Volotea relie désormais Limoges à Oran pour l’été
La compagnie aérienne à bas coût Volotea a ouvert une desserte inédite reliant l’aéroport de Limoges, en Haute-Vienne, à la ville d’Oran, dans l’ouest algérien. Selon l’aéroport limousin, cette ouverture répond à une demande appuyée des habitants de la région.
Les principaux concernés sont les familles et les membres de la communauté algérienne désireux de rejoindre leur pays d’origine pendant la période estivale. Ce besoin de connexion directe avec l’Algérie était jusqu’ici largement insatisfait dans ce secteur géographique.
La liaison aérienne Limoges – Oran fonctionne à raison d’un vol par semaine, programmé chaque mercredi. L’exploitation s’étend sur deux mois et se poursuivra jusqu’au 2 septembre prochain, couvrant ainsi tout le cœur de la saison des vacances.
Des tarifs attractifs et des sièges qui partent vite
Côté prix, l’offre se veut accessible. Au mois de juillet, l’aller simple démarre à 105 euros au tarif de base. En août, les billets descendent encore davantage, avec des places proposées dès 49 euros pour ceux qui réservent au bon moment.
Le succès de cette ligne France – Algérie est immédiat et spectaculaire. Sur de nombreuses dates en juillet et août, il ne reste plus que quelques sièges disponibles. Cette rareté confirme l’ampleur de la demande entre la région limousine et l’ouest de l’Algérie.
« 36 600 Franco-Algériens » circulent entre Limoges et Oran
L’inauguration de la liaison, le mercredi 24 juin, a réuni plusieurs personnalités locales et membres de la diaspora algérienne à l’aéroport de Limoges. Parmi les invités figurait Pierre Massy, président de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Limoges et de la Haute-Vienne.
Le responsable a livré des chiffres parlants pour justifier l’intérêt de cette desserte vers Oran. Selon lui, près de 36 600 Franco-Algériens font régulièrement le trajet entre Limoges et la métropole de l’ouest algérien.
Pierre Massy a également précisé l’origine géographique de ces voyageurs. La grande majorité d’entre eux sont issus de la région de Mostaganem, une ville implantée à quelques kilomètres seulement d’Oran. Ce détail explique le potentiel commercial de la liaison.
Une ligne rentable qui a échappé à Air Algérie
Le démarrage de cette ligne aérienne restera dans les mémoires de la compagnie espagnole. Rarement une nouvelle liaison avait connu un engouement aussi rapide auprès des passagers de cette région française.
Les chiffres du vol inaugural en témoignent : 141 places ont été vendues sur les 156 sièges que compte l’appareil de la compagnie low cost. Un taux de remplissage proche du maximum qui illustre la vigueur de la demande sur cet axe France – Algérie.
Cette réussite commerciale interroge sur l’absence d’Air Algérie. En tant que transporteur national, la compagnie disposait d’une position privilégiée sur le marché aérien entre la France et l’Algérie. Elle aurait pu capter cette manne en répondant la première aux attentes de la diaspora.
Volotea, déjà présente sur deux axes algériens
C’est finalement Volotea qui a saisi cette occasion stratégique. La compagnie espagnole n’en est d’ailleurs pas à son coup d’essai sur le marché algérien, puisqu’elle exploite déjà deux liaisons directes vers l’Algérie.
Ces dessertes existantes partent des aéroports de Bordeaux et de Marseille. En ajoutant Limoges à son réseau, le transporteur consolide sa présence sur les routes reliant la France à l’ouest algérien, un créneau visiblement porteur.
« On est en 1 h 30 en Algérie » : la joie des passagers
Pour les membres de la communauté de l’ouest algérien installés autour de Limoges, cette ligne change la donne. Pouvoir rejoindre directement leurs villes natales depuis un aéroport de proximité suscite un véritable enthousiasme, surtout en période estivale.
Les témoignages recueillis lors du lancement traduisent ce soulagement. « D’habitude, on prend le bateau depuis Marseille pour l’été. Là, tout le monde est content. On atteint l’Algérie en 1 h 30 », confie un voyageur visiblement ravi du gain de temps.
Au-delà du confort, cette liaison comporte une dimension humaine essentielle. « Cette ligne permet aussi aux personnes âgées de revenir sur leur terre. Sur le plan humain, c’est très important », souligne un autre passager présent à bord.
Le succès fulgurant de cette nouvelle ligne France – Algérie démontre l’existence d’une demande encore largement sous-exploitée entre les régions françaises secondaires et l’Algérie. En l’absence de réaction d’Air Algérie, les compagnies low cost européennes comme Volotea occupent désormais le terrain. D’autres ouvertures pourraient suivre si cette dynamique se confirme.