Le tourisme en Algérie ambitionne de franchir un nouveau cap. Le ministère du Tourisme et de l’Artisanat finalise une feuille de route pour la période 2026-2028, avec un cap précis : accueillir 8 millions de visiteurs et rehausser la qualité de l’accueil sur l’ensemble du territoire.
Cette stratégie a été dévoilée par la ministre du secteur, Houria Meddahi, à l’occasion d’un événement tenu à l’École supérieure d’hôtellerie et de restauration. Elle intervient alors que le pays cherche à élargir ses sources de revenus et à valoriser ses richesses : le désert, les plages, les sources thermales, les cités anciennes et le savoir-faire artisanal.
Tourisme en Algérie : un cap fixé à 8 millions de visiteurs
Le programme dévoilé s’étend sur trois exercices, de 2026 à 2028. Il met l’accent sur la dynamisation du tourisme intérieur et sur l’amélioration des conditions de séjour offertes aux voyageurs.
D’après Houria Meddahi, cette feuille de route répond aux orientations du président Abdelmadjid Tebboune. Le chef de l’État souhaite faire de ce secteur un véritable moteur de diversification économique, au-delà de la dépendance aux hydrocarbures.
L’objectif demeure néanmoins très exigeant dans un environnement régional concurrentiel. À titre de comparaison, le Maroc a reçu 19,8 millions de visiteurs en 2025, soit une progression de 14 % sur un an. La Tunisie, de son côté, a dépassé la barre des 11 millions de touristes la même année.
Ces données illustrent à la fois le chemin restant à parcourir et la marge de croissance possible pour l’Algérie. Le pays part de plus loin, mais il dispose d’atouts encore largement sous-exploités face à ses voisins maghrébins.
Plus de 6 100 professionnels formés en seulement six mois
Pour soutenir cette ambition, le ministère a fait de la formation une priorité immédiate. Au cours du premier semestre 2026, plus de 4 000 guides touristiques ont suivi un cycle de perfectionnement.
À ce contingent s’ajoutent 1 200 artisans et plus de 900 responsables d’hôtels, d’agences de tourisme et de voyages. Au total, plus de 6 100 professionnels ont été mobilisés ou accompagnés en l’espace de six mois seulement.
Pourquoi la qualité de l’accueil pèse autant
Pour la filière, ce volet est déterminant. Un visiteur n’évalue pas une destination uniquement à travers ses panoramas ou ses sites historiques.
Il prend aussi en compte le confort de l’hébergement, la qualité de l’accueil, la propreté, le respect des horaires et la pertinence des circuits proposés. Les tarifs pratiqués et l’accès facile à l’information entrent également dans son jugement final.
Hôtels, services et réservations : les vrais chantiers du tourisme en Algérie
Le défi du secteur ne consiste donc pas seulement à séduire de nouveaux voyageurs. Il s’agit surtout de les fidéliser et de leur donner envie de revenir séjourner dans le pays.
Cela suppose un parc hôtelier plus dense, des agences mieux organisées et des guides qualifiés. La visibilité des offres sur internet constitue, elle aussi, un levier incontournable pour capter une clientèle de plus en plus connectée.
La numérisation, un passage obligé
La transformation digitale jouera un rôle central dans la réussite de cette stratégie touristique. Réserver une chambre, comparer les prix ou repérer un circuit fiable doit devenir une démarche simple et rapide.
Identifier un guide local, consulter les avis ou préparer un itinéraire complet doit pouvoir se faire en quelques clics. Pour les familles algériennes comme pour les visiteurs étrangers, l’expérience commence souvent bien avant le départ effectif.
Un potentiel réel à convertir en services concrets
L’Algérie possède de solides arguments pour s’imposer comme une destination majeure du Maghreb. Avec ses 1 200 kilomètres de littoral, ses villes sahariennes et ses vestiges romains, le pays détient un patrimoine d’une grande diversité.
À cela s’ajoutent une culture vivante et une diaspora nombreuse, susceptible d’alimenter d’importants flux de voyageurs. Ces atouts forment une base de départ crédible pour bâtir une offre touristique attractive.
Reste désormais à transformer ces ressources en prestations tangibles et compétitives. Sans hébergements modernes, sans services fiables et sans tarifs lisibles, l’objectif de 8 millions de visiteurs restera difficile à atteindre.
Le tourisme en Algérie aborde ainsi une phase charnière, où la qualité primera sur les seules promesses chiffrées. Les prochaines années diront si le pays parvient à convertir son immense potentiel en une véritable industrie touristique, à la hauteur de ses voisins régionaux.
