Le marché des devises en Algérie connaît un nouveau frémissement à l’approche de la saison estivale. Porté par la demande des voyageurs, l’euro repart à la hausse face au dinar algérien, sans toutefois franchir le seuil symbolique des 280 dinars. La question se pose désormais de savoir si la monnaie européenne parviendra à dépasser ce palier dans les semaines à venir.
Le marché des devises en Algérie sous l’effet des vacances d’été
Chaque été, le marché parallèle des changes connaît une dynamique particulière. L’arrivée des congés estivaux stimule la demande en monnaies étrangères, notamment chez les Algériens qui préparent un séjour à l’étranger.
Cette pression saisonnière sur les devises se traduit généralement par une remontée des cours. L’euro et le dollar américain en sont les premiers concernés, observés de près par les ménages comme par les cambistes.
Une barre des 280 dinars toujours hors d’atteinte
Au début du mois de mai, l’euro se négociait sur le marché informel autour de 279,50 dinars algériens. La dernière fois que la devise européenne avait dépassé le cap des 280 dinars remontait au début du mois d’avril.
Durant tout le mois de mai, la monnaie unique est restée bloquée sous ce seuil psychologique. Début juin, son cours avait même reculé jusqu’à 277,50 dinars, marquant un repli notable.
L’euro et le dinar algérien : une reprise progressive
Pour de nombreux Algériens, les vacances débutent dès la fin des épreuves du baccalauréat. Cette année, l’examen s’est tenu le 11 juin, jour où l’euro s’échangeait encore à 277,50 dinars algériens.
Une semaine plus tard, le 18 juin 2026, la devise européenne affiche déjà une nouvelle progression. Elle se négocie désormais à 278 dinars algériens l’unité sur le marché parallèle.
Cette tendance haussière devrait se prolonger avec la multiplication des départs vers l’étranger. L’afflux de voyageurs génère une demande supplémentaire en devises, ce qui tire mécaniquement les cours vers le haut.
Cours du jour au Square Port-Saïd d’Alger
Au cœur d’Alger, le Square Port-Saïd reste la référence en matière de change informel. Les cambistes y ajustent leurs tarifs en fonction de l’offre et de la demande quotidiennes.
Le dollar américain confirme également sa progression. Échangé à 236,50 dinars le 4 juin dernier, il est aujourd’hui proposé à la vente à 237,5 dinars par les changeurs du square.
La monnaie américaine a ainsi gagné un dinar en moins de quinze jours. Cette évolution illustre la pression croissante qui s’exerce sur l’ensemble du marché parallèle des changes en cette période.
Les taux officiels de la Banque d’Algérie
Du côté des canaux officiels, les écarts avec le marché informel demeurent considérables. La Banque d’Algérie applique des taux nettement inférieurs à ceux pratiqués par les cambistes.
L’euro y est actuellement coté à 153,55 dinars algériens à la vente. Le dollar américain, de son côté, s’affiche à 133,35 dinars, toujours à la vente.
Une évolution contrastée sur le marché officiel
Le 4 juin dernier, l’euro était coté à 154,70 dinars par la Banque d’Algérie. Sa valeur a donc légèrement reculé sur le marché officiel, à contre-courant de la tendance observée au Square Port-Saïd.
Le dollar américain, lui, est passé de 133,23 à 133,35 dinars sur la même période. Une variation modeste qui contraste avec la hausse plus marquée enregistrée sur le marché parallèle.
Vers une poursuite de la hausse des devises ?
Le contexte estival reste un facteur déterminant pour l’évolution des cours dans les prochaines semaines. La demande des vacanciers en euros et en dollars devrait continuer d’alimenter la pression haussière.
L’écart persistant entre les taux officiels et ceux du marché informel demeure un indicateur clé. Il reflète les déséquilibres structurels qui caractérisent le marché des changes en Algérie.
L’euro et le dollar confirment donc leur reprise face au dinar algérien à l’orée de l’été. Reste à savoir si la monnaie européenne parviendra à franchir le seuil des 280 dinars au plus fort de la saison des départs. Les prochaines semaines apporteront des éléments de réponse à cette question suivie de près par les ménages algériens.