L’équipe d’Algérie de football aborde son entrée en lice au Mondial 2026 ce mardi à Kansas City, à 2 h du matin mercredi heure d’Alger, face à l’Argentine de Lionel Messi. Le tirage au sort a placé le champion du monde en titre sur la route des Verts dès le premier match. Mais l’histoire montre qu’un exploit, à l’image de celui réalisé en 1982 contre l’Allemagne, reste à la portée des hommes de Vladimir Petković.
Coupe du monde 2026 : pourquoi les Verts peuvent défier l’Albicéleste
Le sélectionneur national mesure parfaitement l’ampleur du défi. Lors de la conférence de presse d’avant-match, lundi soir, il a reconnu affronter le tenant du titre dans une rencontre annoncée comme délicate.
Le technicien suisse a toutefois tempéré son propos en rappelant qu’il n’était pas impossible d’aller chercher quelque chose de plus grand et de provoquer la surprise face à un tel adversaire.
L’objectif est clair : les Algériens fouleront la pelouse de l’Arrowhead Stadium non pas pour limiter la casse, mais pour bousculer la hiérarchie. Les statistiques nourrissent cet espoir. Lors de trois éditions consécutives, en 2010, 2014 et 2018, le champion du monde sortant a été éliminé dès le premier tour.
L’Argentine elle-même n’a pas échappé à ce genre de désillusions. Elle a chuté lors d’un match d’ouverture face au Cameroun en 1990, puis face à l’Arabie Saoudite en 2022. Pour ce Mondial nord-américain, plusieurs sélections africaines ont déjà créé l’événement : le Maroc, l’Égypte et le Cap-Vert ont accroché respectivement le Brésil, la Belgique et l’Espagne, tandis que la Côte d’Ivoire a dominé l’Équateur. Seules la Tunisie et l’Afrique du Sud ont confirmé les pronostics.
Ces signaux ne laissent pas Petković indifférent. Sans se considérer comme favori, il insiste sur le fait qu’une Coupe du monde réserve toujours des surprises et que son groupe tentera de les provoquer, le premier match restant une inconnue pour toutes les équipes.
Algérie-Argentine : Messi a vieilli et l’Albicéleste n’est pas l’ogre du tournoi
Étiquetée comme l’équipe à battre de ce Mondial, l’Argentine porte un statut qui peut se retourner contre elle. Son atout majeur reste la présence de Lionel Messi, considéré par beaucoup comme le plus grand joueur de l’histoire. Mais à 39 ans, l’attaquant argentin n’a plus le rendement qui était le sien il y a quatre ans.
Le sélectionneur algérien refuse d’ailleurs de bâtir sa stratégie autour de la seule star adverse. Interrogé sur un éventuel plan anti-Messi, il a expliqué qu’il chercherait avant tout à neutraliser l’ensemble du collectif argentin, sans focalisation particulière.
L’effectif de l’Albicéleste demeure fourni, avec des noms comme Alvaro Martinez, de retour de blessure, Lautaro Martinez ou encore Otamendi. Mais sur le plan des individualités, ce groupe n’apparaît pas comme le plus impressionnant de la compétition.
La défense algérienne, blindée face à l’Uruguay et aux Pays-Bas
Vladimir Petković préfère se concentrer sur les forces de sa propre sélection, et elles ne sont pas minces. Les Guerriers du désert traversent une période faste depuis leur élimination en quarts de finale de la dernière CAN face au Nigeria.
En quatre rencontres amicales disputées en mars et juin, les Verts ont signé un quasi-sans-faute : victoires contre le Guatemala (7-0), la Bolivie (4-0), les Pays-Bas (1-0) et match nul face à l’Uruguay (0-0). Au total, douze buts inscrits et aucun encaissé.
Le sélectionneur a souligné que ces derniers résultats ont apporté de la confiance au groupe et démontré sa capacité à rivaliser avec les grandes nations. Selon lui, le travail accompli et l’efficacité affichée rendent l’équipe prête pour ce choc contre l’Argentine.
Une charnière solide et des cadres en confiance
Une défense restée imperméable face à l’Uruguay et aux Pays-Bas constitue un argument de poids. Elle représentera l’atout principal des Fennecs contre l’Albicéleste, renforcée par les qualités du gardien Luca Zidane, réputé pour son excellent jeu au pied.
Au milieu et en attaque, des éléments comme Bentaleb, Boudaoui, Maza et Hadj Moussa ont affiché de belles dispositions durant la préparation. À cela s’ajoutent l’expérience et la technique de Ryad Mahrez, toujours capable d’un éclair de génie, ainsi que l’opportunisme de Boulbina et des autres jokers.
Sur le plan physique, la sélection nationale aborde ce premier rendez-vous mondial sans blessure majeure à déplorer.
Le soutien d’un public bouillant à Kansas City
Autre motif d’optimisme, les Algériens bénéficieront d’un soutien populaire massif dans l’enceinte de l’Arrowhead Stadium, considérée comme l’un des stades les plus bruyants de la planète.
Les supporters se sont déjà déplacés en nombre lors des entraînements des Verts à Lawrence. Leur présence pourrait peser lourdement sur la rencontre. Petković a d’ailleurs invité le public algérien à venir en masse, promettant de tout faire pour offrir une fête commune.
Face au champion du monde en titre, l’Algérie aborde donc ce Mondial 2026 avec ambition et sérénité. Entre une défense imperméable, des cadres en forme et un public déchaîné, les ingrédients d’un possible exploit semblent réunis à Kansas City.