Un réseau de trafic de stupéfiants vient d’être démantelé en Algérie après une opération menée par la Gendarmerie nationale. Les membres de cette organisation criminelle utilisaient un établissement nocturne de Staoueli, dans la banlieue ouest d’Alger, pour coordonner leurs activités illégales. Le parquet a réclamé la réclusion criminelle à perpétuité contre les accusés.
L’affaire a éclaté suite à l’interpellation d’un individu surnommé « Roraoua » le 7 août 2024. L’arrestation s’est déroulée aux abords de la discothèque en début d’après-midi, selon les informations rapportées par le média Ennahar. Cette première interpellation a permis aux enquêteurs de remonter toute la filière criminelle.
Un réseau structuré autour d’un établissement nocturne à Alger
L’enquête a mis au jour l’existence d’une organisation composée de sept individus. La discothèque située à Staoueli constituait le point central de leurs opérations. Les trafiquants s’y retrouvaient pour planifier leurs transactions et s’adonnaient également à la consommation de substances illicites durant des soirées privées.
Sur les sept membres identifiés, quatre ont été placés en détention provisoire. Deux autres suspects sont actuellement en fuite et activement recherchés par les forces de l’ordre algériennes. Le démantèlement a nécessité plusieurs semaines d’investigations minutieuses.
Trente kilogrammes de cocaïne acheminés depuis la frontière occidentale
La quantité totale de stupéfiants écoulée par le gang s’élève à environ 30 kilogrammes de cocaïne. D’après les déclarations des prévenus durant l’instruction, la marchandise illicite provenait de la frontière terrestre occidentale du pays. Une logistique sophistiquée avait été mise en place pour acheminer la drogue.
Le cerveau présumé de l’opération, dénommé « Mohamed El Sadji », aurait acquis un véhicule poids lourd spécifiquement pour ce trafic. Ce camion, acheté contre la somme de 7 millions de dinars algériens, servait à transporter les stupéfiants depuis la wilaya de Tindouf jusqu’à la capitale.
Parmi les membres du réseau figurait également un policier en exercice. Identifié comme « T.M.S. », cet agent détournait son statut pour faciliter le transport de la cocaïne. Il utilisait son véhicule personnel, une Renault Mégane, et exploitait sa position pour éviter les contrôles routiers entre la zone frontalière et Alger.
Perquisitions fructueuses dans plusieurs wilayas algériennes
Les opérations de perquisition conduites par les services de sécurité ont permis la saisie de quantités conséquentes de drogue. Au domicile d’un suspect identifié comme « A. Ismaël », les enquêteurs ont découvert une certaine quantité de cocaïne. Chez son complice « T. Mohamed El Sadji », quatre plaquettes pesant au total 4,5 kilogrammes ont été confisquées.
L’organisation disposait également d’une infrastructure d’hébergement dans la wilaya d’Oran. Plusieurs appartements, notamment dans la rue Colonel, ainsi que des chambres d’hôtel accueillaient les trafiquants lors de leurs déplacements. Ces points de chute devaient également servir de bases pour une potentielle évasion par la mer.
Communication cryptée via les réseaux sociaux
Les investigations ont révélé que deux suspects utilisaient l’application Snapchat pour échanger avec leurs complices en fuite. « A. Ismaël » et « T. Mohamed El Sadji » communiquaient ainsi avec « B. Lamine » et un certain « Islam », tous deux activement recherchés. Cette méthode visait à éviter la surveillance des autorités.
Le parquet réclame la perpétuité contre les narcotrafiquants
Ce mardi 9 juin 2026, le parquet général près le tribunal criminel de Dar El Beida a formulé ses réquisitions. La prison à perpétuité a été requise contre l’ensemble des membres du réseau criminel démantelé. Les charges retenues sont lourdes et multiples.
Les prévenus sont poursuivis pour importation, stockage, transport et détention illégale de stupéfiants au sein d’une organisation criminelle. S’ajoutent à ces accusations des charges de blanchiment d’argent, aggravant considérablement leur situation judiciaire. Les sommes manipulées suggèrent une activité lucrative sur une période prolongée.
Rétractations et confrontations lors du procès
Devant la juridiction criminelle, la majorité des accusés sont revenus sur leurs aveux initiaux. « B. Amine », un agent des douanes travaillant à Dar El Beida, a notamment nié toute implication. Arrêté le 1er avril 2026, il prétend avoir découvert les faits reprochés au moment de son interpellation.
L’accusé affirme n’entretenir que des relations superficielles avec ses coaccusés « A. Ismaël » et « Touijra ». Toutefois, le président de l’audience l’a confronté aux témoignages convergents des autres membres. Ces derniers l’ont formellement identifié comme présent lors d’une soirée organisée dans la discothèque de Staoueli.
Cette affaire illustre la persistance du trafic de stupéfiants en Algérie malgré les efforts sécuritaires. La justice algérienne devra désormais statuer sur le sort des prévenus, tandis que deux suspects demeurent introuvables. Le verdict final est attendu dans les prochaines semaines.