L’Algérie reconquiert sa position dominante sur le marché gazier espagnol. Les dernières statistiques de mai 2026 révèlent une progression spectaculaire des livraisons algériennes, reléguant les États-Unis à la troisième place après plusieurs mois de domination américaine. Cette dynamique commerciale marque un tournant dans les relations énergétiques euro-méditerranéennes.
L’Algérie redevient premier fournisseur de gaz de l’Espagne
D’après les informations diffusées par la plateforme Attaqa, basées sur les statistiques d’Enagás, l’opérateur du réseau gazier ibérique, Alger représente désormais 42,6 % des approvisionnements espagnols. Les volumes expédiés par le pays maghrébin ont bondi à 13,37 térawattheures durant le mois de mai, comparé à 8,14 térawattheures sur la même période de l’année précédente.
Cette performance constitue un renversement majeur après une période de quatre mois de régression. La composition des livraisons algériennes se divise entre 10,37 térawattheures acheminés par canalisation et 3,002 térawattheures sous forme liquéfiée.
La reprise des exportations de GNL algérien change la donne
Le retour en force des cargaisons de gaz naturel liquéfié en provenance d’Algérie représente un facteur décisif dans cette évolution. Après plusieurs suspensions enregistrées depuis janvier, cette reprise consolide significativement la position de Sonatrach face aux acteurs internationaux.
L’approvisionnement espagnol bénéficie d’une configuration stratégique avantageuse. Le gazoduc Medgaz constitue un axe direct entre les deux rives de la Méditerranée, complété par les capacités d’importation de GNL. Cette double infrastructure confère à l’Algérie une compétitivité renforcée dans un contexte européen marqué par la quête de diversification des sources énergétiques.
Chute brutale des volumes américains vers l’Espagne
Les exportations américaines ont subi un effondrement remarquable en l’espace d’un mois. Après avoir occupé le premier rang en avril, Washington se retrouve relégué au troisième rang avec seulement 4,76 térawattheures livrés en mai, contre 10,07 térawattheures le mois précédent.
Cette dégringolade surprend d’autant plus que le GNL américain avait considérablement renforcé sa présence européenne après le déclenchement du conflit ukrainien. L’Espagne constitue pourtant une plateforme stratégique pour le gaz liquéfié transatlantique grâce à ses importantes installations de regazéification.
Entre ces deux géants, la Russie s’installe à la deuxième position avec 8,73 térawattheures de GNL acheminés. D’autres pays comme la Mauritanie, le Portugal, l’Angola ou encore le Mexique participent également aux approvisionnements, bien que leurs contributions demeurent marginales face aux quantités algériennes.
Les importations espagnoles en nette progression mensuelle
Les achats totaux de l’Espagne ont atteint 31,4 térawattheures en mai 2026, marquant une augmentation de 9,3 % par rapport aux 28,73 térawattheures d’avril. Le gaz naturel liquéfié domine largement les importations avec 19,63 térawattheures, représentant 66,2 % du volume global.
Les acheminements par gazoduc s’établissent à 11,76 térawattheures, soit un tiers des approvisionnements totaux. Cette répartition illustre la diversification des modes d’importation privilégiés par Madrid dans sa stratégie énergétique.
Une position stratégique confirmée pour le gaz algérien
Ces résultats soulignent le caractère incontournable de l’Algérie pour la sécurité énergétique espagnole. Face à la rivalité américaine et russe, le pays maghrébin capitalise sur plusieurs atouts structurels : la proximité géographique, des infrastructures éprouvées et un partenariat énergétique historique avec Madrid.
Pour le groupe national Sonatrach, cette reconquête de la première place intervient dans une conjoncture particulièrement compétitive. Si le marché européen demeure hautement disputé entre fournisseurs mondiaux, le rebond observé en mai démontre que les hydrocarbures algériens conservent un rôle central dans l’approvisionnement de l’Europe méridionale. Cette performance renforce également la crédibilité d’Alger comme partenaire énergétique fiable dans une région en quête de stabilité des approvisionnements.
