La Commission européenne a inscrit la compagnie aérienne algérienne Air Express Algeria sur sa liste noire des transporteurs interdits de vol dans l’espace aérien de l’Union européenne. Cette décision, rendue publique le 9 juin 2026, intervient dans le cadre de la 48e actualisation de la liste de sécurité aérienne européenne, un dispositif mis en place depuis 2006. Bruxelles justifie cette mesure par l’identification de manquements graves aux normes de sécurité internationales.
Qui est Air Express Algeria, la compagnie algérienne interdite de vol en Europe ?
Contrairement au transporteur national Air Algérie, Air Express Algeria demeure peu connue du grand public. Créée en 2002, cette compagnie algérienne s’est positionnée comme un acteur spécialisé dans l’aviation dédiée au secteur énergétique du pays. Son siège social se trouve à Hassi Messaoud, épicentre du bassin pétrolier et gazier du sud de l’Algérie.
Ses activités se concentrent sur le transport de personnel vers les sites d’exploitation des hydrocarbures, les évacuations médicales d’urgence, les déplacements VIP et le fret aérien léger. Selon ses propres communications, l’entreprise collabore avec les principales sociétés pétrolières opérant en Algérie et compte plus de 150 employés répartis dans diverses fonctions : pilotes, ingénieurs aéronautiques, techniciens de maintenance et agents au sol.
Les motifs de l’interdiction d’Air Express Algeria dans l’espace aérien européen
Cette interdiction de vol vise exclusivement Air Express Algeria et ne concerne pas l’ensemble des transporteurs aériens algériens. La mesure découle d’une évaluation approfondie menée par les instances européennes de contrôle de la sécurité aérienne.
L’examen du dossier a été conduit avec le concours de l’Agence de l’Union européenne pour la sécurité aérienne (AESA) et d’experts nationaux, réunis à Bruxelles entre le 19 et le 21 mai 2026. Les conclusions de cette expertise ont révélé des insuffisances significatives dans le respect des standards internationaux par la compagnie algérienne.
La genèse de cette décision remonte au 2 juin 2025, date à laquelle Air Express Algeria avait sollicité une autorisation TCO, indispensable pour tout transporteur d’un pays tiers souhaitant desservir le territoire européen. Le 19 décembre 2025, l’AESA a opposé un refus à cette demande, invoquant des problématiques sécuritaires majeures.
Formation des équipages : le point critique soulevé par Bruxelles
Le principal grief retenu contre Air Express Algeria concerne la formation de ses équipages de conduite. Les autorités européennes déplorent l’absence de preuves tangibles attestant du maintien d’un programme de formation structuré et conforme aux exigences internationales.
Lors de son audition devant les experts européens le 19 mai 2026, le transporteur algérien n’aurait pas apporté d’éclaircissements satisfaisants sur plusieurs aspects essentiels. Les inspecteurs ont notamment pointé des lacunes concernant le programme détaillé de formation, la documentation des sessions pratiques en vol, ainsi que le calendrier garantissant la formation continue de l’ensemble du personnel navigant.
Selon l’évaluation de Bruxelles, Air Express Algeria n’a pas réussi à démontrer que ses pilotes disposaient tous des qualifications requises par les standards internationaux de sécurité aérienne. Cette incapacité à fournir des garanties documentées constitue le fondement principal de l’interdiction prononcée contre la compagnie algérienne.
154 transporteurs aériens bannis du ciel européen
Suite à cette mise à jour de juin 2026, la liste noire européenne comptabilise désormais 154 compagnies aériennes frappées d’interdiction d’exploitation dans l’Union européenne. Ce recensement comprend 126 transporteurs certifiés dans 16 États différents, 22 compagnies russes, ainsi que six opérateurs individuels provenant de diverses nations, parmi lesquels figure désormais Air Express Algeria.
Cette liste constitue un outil de contrôle visant à garantir la sécurité des passagers et du fret transitant par l’espace aérien européen. Les compagnies y figurant ne peuvent effectuer aucun vol commercial à destination, en provenance ou à travers les pays membres de l’Union européenne.
Quelles perspectives pour Air Express Algeria ?
Pour le transporteur algérien, la possibilité d’un retour dans l’espace aérien européen reste théoriquement envisageable, mais conditionnée à des mesures correctives substantielles. La compagnie devra apporter des preuves documentées de la résolution des manquements identifiés, particulièrement en matière de formation des équipages.
Les autorités européennes exigeront la mise en place d’un programme de formation conforme aux standards internationaux, accompagné d’une traçabilité complète des formations dispensées. Un plan d’actions correctives détaillé devra également être soumis et validé par l’AESA avant qu’une nouvelle évaluation puisse être envisagée. Cette procédure peut nécessiter plusieurs mois, voire davantage, selon l’ampleur des ajustements à réaliser par la compagnie algérienne.