Dans une intervention vidéo diffusée sur les plateformes sociales, le journaliste et écrivain belge Michel Collon a lancé un appel au boycott des Émirats arabes unis. L’intellectuel engagé dénonce la complicité de cette pétromonarchie dans les violences exercées contre les Palestiniens, les Libanais et les Iraniens. Il identifie cinq raisons majeures justifiant une mobilisation internationale contre Abou Dhabi.
Les accusations de Michel Collon contre les Émirats arabes unis
L’auteur belge pointe directement la responsabilité de Mohamed Ben Zayed, dirigeant émirati, dans le soutien apporté aux opérations israéliennes. Selon Collon, le prince héritier fournit une assistance active à Benjamin Netanyahou dans ses actions contre le peuple palestinien.
L’intellectuel révèle également que le territoire émirati sert de base stratégique à Donald Trump pour mener des bombardements contre l’Iran. Cette collaboration militaire illustre, selon lui, l’alignement total d’Abou Dhabi sur la politique américaine au Moyen-Orient.
Le pillage des ressources africaines par Abou Dhabi
Michel Collon accuse les Émirats arabes unis d’exploiter les richesses minières du continent africain de manière illégitime. Au Soudan, la monarchie du Golfe financerait les Forces de soutien rapide (FSR), milices accusées de crimes graves, dans le but de s’accaparer les réserves d’or.
La République démocratique du Congo fait également l’objet d’un pillage similaire. Selon le journaliste, Abou Dhabi collabore avec la multinationale américaine Orion Resource pour extraire l’or congolais dans des conditions opaques.
Cette exploitation des ressources naturelles africaines s’inscrit, d’après Collon, dans une logique néocoloniale orchestrée par les Émirats avec la bénédiction de Washington.
Le retrait de l’OPEP, une soumission à Trump
Le départ récent des Émirats arabes unis de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole constitue, pour Michel Collon, une nouvelle preuve de leur allégeance aux États-Unis. Cette décision stratégique viserait essentiellement à satisfaire les exigences de l’administration Trump.
Le journaliste estime que cette sortie de l’OPEP affaiblit la solidarité entre pays producteurs de pétrole. Elle traduit la priorité donnée par Abou Dhabi aux intérêts occidentaux plutôt qu’à ceux du monde arabe.
Comment boycotter économiquement les Émirats
Michel Collon propose une stratégie concrète pour affaiblir économiquement la monarchie du Golfe. Il invite à cesser toute consommation de produits liés à trois fonds souverains émiratis majeurs : Mubadala, l’Emirates Investment Authority et l’Abu Dhabi Investment Authority (ADIA).
Le militant évalue la puissance financière combinée de ces structures à environ 800 milliards de dollars. Toutefois, des données financières récentes indiquent que ce montant est largement sous-estimé.
ADIA gère à lui seul près de 900 milliards de dollars d’actifs, tandis que Mubadala contrôle environ 385 milliards. Cette capacité d’investissement colossale permet aux Émirats de détenir des participations dans de nombreuses entreprises internationales.
Les marques de mode et de luxe détenues par les fonds émiratis
Parmi les enseignes commerciales identifiées par Collon figurent plusieurs marques de prêt-à-porter espagnoles : Springfield, Cortefiel, Women’secret et Pedro del Hierro. Le secteur du luxe est également concerné avec Chanel et le créateur Willy Chavarria.
L’intellectuel belge appelle les consommateurs à vérifier l’origine des capitaux derrière leurs achats. Il estime que la pression économique peut contraindre Abou Dhabi à modifier sa politique régionale.
Le sport, outil de blanchiment d’image des Émirats
Michel Collon accorde une attention particulière au secteur sportif, qu’il considère comme un instrument de légitimation internationale pour les Émirats. Le football constitue le principal vecteur de cette stratégie d’influence.
Manchester City, propriété du cheikh Mansour Ben Zayed Al-Nahyane, représente l’investissement sportif le plus visible d’Abou Dhabi. La compagnie aérienne Emirates sponsorise également les maillots de clubs prestigieux comme le Real Madrid, Arsenal, l’AC Milan et Benfica.
La Formule 1 fait aussi partie des cibles du boycott proposé. Collon recommande d’ignorer les courses automobiles et l’écurie McLaren, liée aux capitaux émiratis.
Selon le journaliste, refuser de regarder ces événements sportifs à la télévision permettrait de faire chuter les revenus publicitaires. Cette baisse de recettes affecterait directement la rentabilité des investissements émiratis dans le sport.
Une campagne de boycott inspirée du modèle israélien
Michel Collon établit un parallèle entre les Émirats arabes unis et Israël, qualifiant Abou Dhabi d' »Israël bis ». Il juge cette monarchie traître à la cause arabe, vendue aux intérêts américains et complice du génocide à Gaza.
L’intellectuel ajoute à cette liste d’accusations la responsabilité émiratienne dans les massacres perpétrés au Congo et au Soudan. « Difficile de faire pire », conclut-il à propos du bilan de cette pétromonarchie.
Pour Collon, si Israël redoute le mouvement BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions), les Émirats devraient également craindre une mobilisation similaire. « Pour les Émirats aussi, la peur doit changer de camp », affirme-t-il en conclusion de son intervention.
Cette initiative de boycott vise à mobiliser l’opinion publique internationale contre la politique régionale d’Abou Dhabi. Elle s’inscrit dans une dynamique plus large de contestation des alliances entre certaines monarchies du Golfe et les puissances occidentales.