Le marché parallèle des devises en Algérie connaît un nouveau rebond. Après une période de calme observée durant les célébrations de l’Aïd el-Adha, l’euro affiche une progression notable face au dinar algérien. Cette dynamique haussière s’explique par la reprise de l’activité économique et l’augmentation de la demande en monnaie européenne dans le sillage des festivités religieuses.
Une hausse de 100 dinars enregistrée sur le marché parallèle
Les cambistes du marché informel ont relevé dimanche une évolution significative des taux de change. Un billet de 100 euros se vend désormais contre 27 850 dinars algériens, alors qu’il s’échangeait la veille à 27 750 dinars. Cette augmentation de 100 dinars en une seule journée marque une rupture avec la stabilité constatée précédemment.
Du côté de l’achat, le billet de cent euros se négocie à 27 600 dinars. Cette variation rompt avec plusieurs jours de transactions figées, où le marché avait connu un ralentissement marqué. La fermeture des commerces et la diminution des échanges financiers durant l’Aïd avaient en effet gelé temporairement les cotations du change informel.
La reprise économique relance la demande en euros
Cette remontée du cours était largement attendue par les professionnels du secteur. Le retour à la vie normale après les jours fériés entraîne systématiquement un regain d’intérêt pour la devise européenne. Les opérations commerciales reprennent progressivement leur rythme habituel, stimulant les besoins en monnaie étrangère.
Un professionnel du change interrogé explique que la période de stagnation observée durant les festivités religieuses touche désormais à sa fin. Les déplacements internationaux reprennent, les transactions commerciales se multiplient, et la demande en devises fortes s’intensifie naturellement. Cette mécanique de marché pousse les cours vers une trajectoire ascendante.
L’approche de la saison estivale pèse sur les cotations
Les préparatifs des vacances d’été constituent un facteur déterminant dans cette évolution. De nombreuses familles algériennes planifient leurs séjours à l’étranger et cherchent à acquérir des euros pour financer leurs projets. Les réservations hôtelières, l’achat de billets d’avion et les diverses dépenses liées au tourisme créent une pression croissante sur le marché parallèle.
Les agences de voyage jouent un rôle central dans cette dynamique. Ces intermédiaires effectuent des achats massifs de devises pour le compte de leur clientèle, intensifiant ainsi la demande globale. Cette période de réservations coïncide avec une offre limitée sur le circuit informel, ce qui accentue la tension sur les prix.
Les cambistes rapportent que le pic de la saison touristique approche. Les grands départs estivaux se profilent, et les familles anticipent leurs besoins en liquidités étrangères. Cette anticipation génère une demande soutenue qui devrait se maintenir dans les semaines à venir.
Des perspectives de hausse continue à court terme
Les acteurs du marché noir des devises prévoient une poursuite de cette tendance haussière. L’arrivée de la haute saison touristique favorise traditionnellement l’appréciation de l’euro sur le circuit parallèle algérien. Les opérateurs s’attendent à ce que la pression s’accentue avec l’intensification des départs en vacances.
La multiplication des transactions liées au tourisme international alimente structurellement le besoin en monnaie européenne. Les frais d’hébergement, les dépenses sur place et les diverses prestations touristiques nécessitent des euros que les Algériens se procurent principalement via le marché informel. Cette demande saisonnière récurrente soutient durablement les cours.
Des facteurs géopolitiques pourraient inverser la tendance
Malgré cette dynamique haussière, les spécialistes invitent à la vigilance. La trajectoire actuelle n’est pas garantie et pourrait connaître des retournements. Des événements extérieurs conservent un pouvoir d’influence important sur l’évolution des devises dans le circuit parallèle algérien.
La situation géopolitique régionale figure parmi les variables surveillées de près. Une détérioration des tensions au Proche-Orient pourrait bouleverser rapidement les équilibres établis. Les conflits armés ou leur intensification affectent directement les flux commerciaux internationaux et les mouvements de personnes.
Un scénario de crise dans cette zone géographique entraînerait vraisemblablement une réduction des voyages et des annulations de vols. La baisse consécutive de la demande en devises provoquerait alors un reflux des cours de l’euro face au dinar algérien. Cette incertitude géopolitique constitue donc un élément modérateur face aux prévisions haussières à court terme.
Le marché parallèle des devises en Algérie reste ainsi soumis à des influences multiples. Entre la dynamique saisonnière favorable et les risques géopolitiques persistants, l’évolution du taux de change euro-dinar demeure tributaire d’un équilibre fragile. Les prochaines semaines permettront de confirmer ou d’infirmer les tendances actuellement observées par les cambistes du circuit informel.