Un ressortissant algérien gravement malade fait face à une menace d’expulsion de France malgré sa pathologie rénale chronique. Âgé de 35 ans et sous dialyse trois fois par semaine, cet homme originaire de Tizi Ouzou se bat administrativement et juridiquement pour obtenir un titre de séjour. Son parcours illustre les dilemmes humanitaires liés aux obligations de quitter le territoire français (OQTF) prononcées contre des malades étrangers.
Parcours médical d’un Algérien menacé d’expulsion
Akli Chikh découvre son insuffisance rénale chronique en 2019 lors d’un diagnostic posé dans un hôpital algérien. Cette affection impose un traitement lourd par dialyse, indispensable à sa survie. Conscient des difficultés d’accès aux soins dans son pays d’origine, il décide de tenter sa chance en Europe.
Selon les témoignages recueillis, l’accès à la dialyse en Algérie reste limité. Un bénévole de la Croix-Rouge accompagnant le trentenaire précise qu’il ne pourrait bénéficier que d’une séance hebdomadaire sur place. Cette fréquence s’avère largement insuffisante face aux besoins réels de son organisme défaillant.
Disposant d’économies personnelles, Akli Chikh se procure un visa espagnol de courte durée en 2019. Son objectif principal : accéder à des soins de meilleure qualité et espérer une greffe rénale. Il témoigne auprès des médias bretons de sa volonté de survivre et d’améliorer ses chances de transplantation.
Installation en Bretagne et prise en charge sanitaire
Après son arrivée sur le territoire européen, le ressortissant algérien se dirige vers la Bretagne. Il rejoint d’abord la commune de Dinan dans les Côtes-d’Armor, où vit un proche susceptible de l’héberger temporairement.
Rapidement, la nécessité de se rapprocher d’un établissement hospitalier le conduit à Saint-Malo. C’est l’Association malouine d’insertion et de développement social (Amids) qui prend alors le relais pour l’hébergement. Cette structure associative l’accompagne également dans ses démarches administratives complexes.
Son protocole thérapeutique actuel repose sur trois séances de dialyse hebdomadaires à l’hôpital malouin. Ce rythme soutenu reste vital pour compenser la défaillance de ses reins. Parallèlement, il figure sur les listes d’attente pour une éventuelle greffe d’organe, solution définitive à son problème de santé.
Rejet administratif et notification d’une OQTF
Soucieux de normaliser sa situation, Akli Chikh entreprend une première demande de régularisation auprès de la préfecture. Cette tentative administrative se solde par un échec. Les autorités préfectorales refusent de lui délivrer un titre de séjour pour raisons médicales.
En juillet 2023, la préfecture franchit une étape supplémentaire en lui notifiant une OQTF. Cette obligation de quitter le territoire français repose sur son statut irrégulier. La décision plonge l’intéressé dans une situation juridique précaire alors même qu’il poursuit son traitement vital.
Face à l’aggravation de son état, une nouvelle démarche intervient en mai 2025. Le malade sollicite l’annulation de la mesure d’éloignement pour reformuler une demande de titre de séjour. Mais en septembre 2025, les services préfectoraux opposent un second refus à sa requête.
Bataille judiciaire devant les tribunaux administratifs
Épaulé par son avocate, le trentenaire porte son combat devant le tribunal administratif de Rennes. Il conteste la légalité de l’OQTF dont il fait l’objet. Son argumentation met en avant l’impossibilité de recevoir des soins adéquats en Algérie.
Le 25 février 2026, les juges administratifs rennais rendent leur verdict : la requête est rejetée. Selon la juridiction, l’accès à la dialyse et à une transplantation rénale demeure possible dans son pays d’origine. Cette appréciation médicale contredit les témoignages associatifs sur les capacités réelles du système de santé algérien.
Mobilisation associative et recours en appel
Plusieurs organisations de soutien aux migrants se mobilisent aux côtés d’Akli Chikh. La Croix-Rouge, l’Amids et d’autres structures coordonnent leurs efforts pour éviter son expulsion. Leur action vise à démontrer l’urgence médicale et l’impossibilité d’un retour sans danger.
Un nouveau dossier contentieux se prépare actuellement pour la Cour administrative d’appel de Nantes. Les défenseurs du ressortissant algérien comptent y intégrer des éléments médicaux actualisés. Ils espèrent convaincre les magistrats de la nécessité absolue de maintenir ce malade sur le sol français.
Cette affaire soulève des interrogations sur l’équilibre entre politique migratoire et impératifs humanitaires. Depuis près de trois ans, Akli Chikh se bat pour concilier survie médicale et régularisation administrative. L’issue de son recours en appel déterminera s’il pourra continuer son traitement en France ou devra retourner en Algérie malgré les risques sanitaires.
