La justice française a franchi une nouvelle étape dans l’affaire Hichem Aboud. Quatre jeunes hommes ont été mis en examen puis placés en détention provisoire après la découverte d’un projet présumé d’assassinat visant le journaliste et opposant algérien, installé entre la France et le Maroc.
Les faits remontent à février 2025. Selon les enquêteurs, un groupe d’exécutants devait se rendre à Roubaix pour éliminer Hichem Aboud contre une rémunération estimée à 10 000 euros. L’opération aurait finalement échoué car la cible ne se trouvait pas sur le territoire français au moment prévu.
Une enquête antiterroriste déclenchée après des échanges sur Signal
D’après les premiers éléments de l’enquête, les autorités françaises auraient découvert ce projet criminel dans le cadre d’investigations liées à une autre affaire. Les enquêteurs ont ensuite remonté des échanges effectués via la messagerie cryptée Signal avant d’identifier plusieurs suspects.
Trois hommes ont été mis en examen pour tentative de meurtre en bande organisée liée à une entreprise terroriste. Le quatrième suspect est poursuivi pour complicité et association de malfaiteurs terroriste criminelle.
Cette procédure judiciaire marque un tournant majeur dans le dossier Hichem Aboud. Depuis plusieurs années, le journaliste affirme être visé par des menaces répétées en Europe, notamment en Belgique et en Espagne.
Hichem Aboud dénonce plusieurs tentatives depuis 2021
Âgé de 70 ans, Hichem Aboud estime avoir échappé à plusieurs projets d’assassinat depuis 2021. Son avocat, Me Dalil Essakali, considère désormais que la justice française prend enfin la mesure de la gravité du dossier.
Le journaliste avait déjà déposé plusieurs plaintes auparavant. Certaines avaient toutefois été classées sans suite par le Parquet national antiterroriste en 2023. En février 2025, une nouvelle plainte avec constitution de partie civile a permis l’ouverture d’une information judiciaire et la désignation d’un juge d’instruction.
Parallèlement, Hichem Aboud accuse également certaines personnalités proches du pouvoir algérien d’avoir publiquement appelé à son élimination sur les réseaux sociaux.
Un opposant historique du régime algérien
Ancien officier des services secrets algériens devenu journaliste d’investigation, Hichem Aboud s’est fait connaître pour ses prises de position critiques contre le pouvoir algérien. Son livre La mafia des généraux, publié en 2002 puis interdit en Algérie, avait fortement marqué l’opinion publique.
Condamné par contumace à sept ans de prison ferme en 2021 pour “atteinte à l’unité nationale”, il fait également l’objet d’un mandat d’arrêt international émis par la justice algérienne. Aujourd’hui partagé entre la France et le Maroc, le journaliste affirme ne plus se sentir en sécurité sur le territoire français malgré plusieurs demandes de protection.
Son avocat doit rencontrer le parquet antiterroriste afin de réclamer des mesures urgentes pour garantir sa sécurité. L’affaire Hichem Aboud dépasse désormais le simple cadre judiciaire : elle révèle les tensions persistantes autour des opposants politiques algériens et soulève de sérieuses questions sur leur sécurité en Europe.