Un passager a été interpellé à l’aéroport international Houari-Boumédiène d’Alger alors qu’il tentait de voyager vers la France muni d’un faux visa Schengen. Les services de la Police aux frontières ont décelé la contrefaçon lors du contrôle des documents de voyage. L’incident s’est soldé par une comparution devant la juridiction de Dar El Beida ce mardi.
Interception d’un voyageur avec un faux visa Schengen à l’aéroport d’Alger
Au moment de franchir les guichets de contrôle frontalier dans l’enceinte de l’aéroport algérois, l’homme présentait un passeport comportant un visa Schengen. Les fonctionnaires de police, rompus aux techniques de détection des falsifications documentaires, ont immédiatement remarqué plusieurs irrégularités.
L’analyse minutieuse du document a permis d’établir sans équivoque son caractère frauduleux. Le passager a été aussitôt placé en garde à vue, mettant ainsi un terme brutal à son projet de voyage. Persuadé de détenir un document en règle, il avait réservé son billet d’avion et effectué toutes les formalités habituelles avant de se présenter à l’embarquement.
Un intermédiaire mandaté pour l’obtention du visa
Durant son audition par les magistrats du tribunal de Dar El Beida, le prévenu a livré sa version des faits. Il affirme avoir sollicité les services d’une tierce personne pour effectuer les démarches d’obtention du visa Schengen destiné à la France. Dans ce cadre, il aurait confié son passeport ainsi qu’un ensemble de pièces administratives requises pour le montage du dossier.
Le voyageur indique avoir versé la somme de 14 000 dinars algériens en contrepartie de cette prestation. Une seconde rencontre entre les deux protagonistes aurait eu lieu ultérieurement, au cours de laquelle l’intermédiaire lui aurait restitué le passeport.
Ce dernier comportait alors un visa Schengen censé autoriser l’entrée sur le territoire français. Sans éveiller le moindre soupçon quant à l’authenticité du document apposé, le client s’est présenté à l’aéroport avec la conviction que tout était conforme à la réglementation en vigueur.
L’accusé nie toute implication dans la falsification
Également poursuivi dans cette affaire, l’intermédiaire présumé a comparu devant la justice et contesté en bloc les accusations portées à son encontre. Sa déposition s’oppose frontalement au récit livré par le voyageur. Il soutient n’avoir eu qu’un unique contact avec ce dernier.
Selon ses déclarations, cette rencontre se serait limitée à une simple demande d’informations concernant les procédures administratives relatives à l’obtention d’un visa. Il réfute catégoriquement toute participation à la fabrication ou à l’apposition du faux visa Schengen sur le passeport du plaignant.
Les deux récits contradictoires ont été portés à la connaissance de la cour. Les juges devront désormais déterminer quelle version des événements correspond à la réalité des faits reprochés aux prévenus.
Trois ans de prison ferme requis par le parquet
Le représentant du ministère public auprès du tribunal de Dar El Beida a formulé ses réquisitions à l’encontre des deux mis en cause. Il a réclamé une condamnation à trois années d’emprisonnement ferme pour chacun d’entre eux, sans distinction entre le voyageur et son prétendu intermédiaire.
Une sanction pécuniaire de 200 000 dinars algériens a également été sollicitée contre les deux prévenus. Les charges retenues dans ce dossier judiciaire portent sur des infractions de faux et d’usage de faux en écriture publique.
Ces qualifications pénales exposent les accusés à des peines d’emprisonnement sévères en vertu du Code pénal algérien. L’issue de ce procès dépendra de la capacité du tribunal à établir les responsabilités exactes de chaque protagoniste dans cette tentative de voyage frauduleux.
Cette affaire illustre la vigilance accrue des services de sécurité aéroportuaire face aux tentatives d’utilisation de documents falsifiés. Elle met également en lumière les risques encourus par les candidats au voyage qui choisissent de contourner les voies légales d’obtention des visas, souvent en raison des difficultés administratives rencontrées dans les démarches officielles.
