L’année 2025 commence avec des nouveautés législatives significatives pour les sociétés algériennes, suite à l’adoption de la loi de finances de cette année. Deux augmentations de taxes notables affectent le chiffre d’affaires des entreprises : il s’agit des taxes sur la publicité et sur les importations, désormais solidaires.
La taxe sur la publicité, prélevée sur les revenus issus de cette activité, connaît une augmentation considérable, passant de 1 % à 2 %, ce qui double la charge fiscale pour les entreprises, en particulier dans les secteurs des communications et des médias. Cette augmentation représente un défi majeur pour les médias en Algérie, qui font face à des difficultés financières persistantes. Selon des experts, ces entreprises allouent de 60 % à 70 % de leur chiffre d’affaires aux taxes et diverses charges. Ce fardeau est exacerbé par un secteur publicitaire en déclin, réduisant leur potentiel de revenus accrus.
Les recettes générées par cette taxe seront distribuées de la manière suivante :
La moitié des fonds sera destinée au budget national, un quart sera utilisé pour le développement du secteur cinématographique et le reste, également un quart, sera alloué au soutien des médias imprimés, audiovisuels et numériques, ainsi qu’à la formation des journalistes.
Si l’objectif de cette répartition est de consolider le secteur de la culture et des médias, les entreprises impliquées expriment des préoccupations quant à l’impact négatif que cette nouvelle obligation pourrait avoir sur leurs opérations.
La taxe destinée à la solidarité sur les importations est également en hausse
En plus de la publicité, la taxe de solidarité sur les importations voit également son taux augmenter, passant de 2 % à 3 % pour les biens importés consommés en Algérie. Introduite en 2018 afin de soutenir le financement de projets à caractère social, cette taxe aura un impact immédiat et notable sur les consommateurs.
Il est probable que les importateurs transfèrent cette hausse sur les prix de vente au détail, ce qui risque d’augmenter l’inflation et de réduire le pouvoir d’achat des familles. Bien que cette taxe vise à accroître les revenus fiscaux du gouvernement, elle est critiquée, car elle pourrait limiter les importations et augmenter les coûts pour les entreprises qui dépendent des produits importés.
Algérie : Des changements toujours inachevés dans le secteur informel
Ces hausses font partie d’une politique visant à identifier de nouvelles sources de revenus fiscaux. Toutefois, de nombreux experts pensent que l’État bénéficierait plus en élargissant la base fiscale. En effet, le secteur informel constitue un segment significatif de l’économie algérienne et échappe largement à la fiscalité.
La loi de finances de 2025 propose une initiative pour adresser cette question : les transactions concernant l’immobilier, la vente de véhicules ou l’achat d’équipements industriels devront à l’avenir s’effectuer par des paiements bancaires. Cette initiative représente un progrès dans la lutte contre le blanchiment d’argent et l’économie parallèle, bien qu’elle soit restreinte à certaines transactions.
Quels impacts cela aura-t-il sur les entreprises ?
Bien que certaines taxes comme la taxe sur l’activité professionnelle (TAP) aient été éliminées antérieurement, il semble qu’elles soient réapparues sous de nouvelles formes, visant spécifiquement certains secteurs. Pour les entreprises du secteur des médias, l’imposition sur la publicité pourrait compromettre leur santé financière, tandis que la taxe sur les importations pourrait faire augmenter les coûts de production pour celles qui s’appuient sur des ressources importées.
Les experts recommandent une réforme fiscale plus globale, qui allégerait les charges sur les activités légales. Cette stratégie encouragerait non seulement les acteurs du secteur informel à rejoindre l’économie formelle, mais stimulerait également l’investissement et l’innovation. Avec les réformes introduites par la loi de finances de 2025, les entreprises en Algérie se trouvent à un moment critique.
L’intention d’accroître les recettes fiscales est évidente, mais ces tactiques pourraient avoir des effets adverses sur l’activité économique et la capacité des entreprises à se développer. Les mois à venir seront cruciaux pour mesurer l’impact effectif de ces politiques sur l’économie algérienne.